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Fiche d'expérience

Aide à la rénovation de logements

Aide à la rénovation de logements

Une aide spécifique destinée à financer l’achat des matériaux nécessaires à la rénovation d’appartements et à l’accompagnement technique de cette rénovation (partenariat avec une association d’insertion). Les publics bénéficiaires sont des familles ou personnes isolées résidant sur la ville de Morlaix.

Contexte

Le CCAS et EMMAÜS sont engagés, chacun dans son domaine, dans des actions concrètes de lutte contre les exclusions. Ils se sont déjà associés pour la création d’un chantier d’insertion de 1995 à 2002.

En 2010 les deux structures ont imaginé une action innovante et originale d’intervention en matière de logement sur la ville de Morlaix. Il s’agit de financer et de soutenir techniquement la réfection de logements de ménages aux revenus modestes résidant à Morlaix principalement sur les quartiers prioritaires du CUCS. Une convention entre le CCAS de Morlaix et l’association EMMAÜS est donc signée le 04 février 2010.

Cette action est née d’un constat. En effet, une remise en état de l’habitation s’impose parfois avant de pouvoir accéder à un autre logement. Le changement de logement peut être nécessaire pour plusieurs raisons : part du logement trop élevée dans le budget du ménage, demande de changement liée à un handicap pour un logement adapté, changement familial et adaptation du logement au nombre de personnes, assainissement et/ ou amélioration du logement... Souvent, le rafraîchissement ou la remise en état de l’habitation est une condition nécessaire avant le déménagement ou la demande de mutation dans un organisme HLM. Les locataires qui ne peuvent réaliser les travaux se trouvent bloqués dans cette situation non satisfaisante faute de moyens suffisants.

Description / Fonctionnement de l'action

Une information a été réalisée auprès des référents sociaux sur la ville de Morlaix. Lorsque les référents sociaux jugent que la situation de l’usager entre dans le cadre de cette action, une demande est adressée au CCAS de Morlaix. Cette demande est réalisée sur les imprimés type pour les aides financières du conseil général du Finistère dans le cadre de la commission locale de lutte contre les exclusions. Cette demande fait apparaître le budget et le reste à vivre ainsi qu’un exposé social justifiant la nécessité de cette action. Cette demande est étudiée dans une commission permanente du CCAS composée d’administrateurs, d’un travailleur social, d’un agent du service aide sociale facultative et de la directrice du CCAS. La commission pour prendre sa décision se base sur les critères définis pour cette action.

Les publics bénéficiaires de l’action sont des familles ou des personnes isolées résidant sur la ville de Morlaix, locataires d’un appartement qui nécessite un rafraîchissement ou une rénovation des sols, tapisseries, peintures, ayant subi une usure ou une dégradation du fait de l’occupant. Le bénéficiaire doit disposer de ressources dont le montant ne laisse pas un reste à vivre suffisant pour qu’il puisse financer lui-même les travaux nécessaires.
Une fois la demande accordée, l’association ART est contactée pour réaliser une estimation des besoins en matériel et en main d’œuvre. Les travaux doivent être réalisés par le bénéficiaire lui-même ou par un tiers de son entourage avec l’aide technique d’un personnel mis à disposition par l’ART. Le bénéficiaire doit adhérer au projet de rénovation et effectuer les démarches nécessaires avec l’aide éventuelle de son référent social.

La convention prévoyait initialement une aide de 300 euros pour les matériaux et l’intervention d’un ouvrier pour 10 heures maximum par appartement. Il a été constaté que la durée de mise à disposition d’une aide technique de 10 heures par logement ne suffisait pas pour permettre l’aboutissement de certains chantiers. Un avenant à la convention est donc signé le 30 novembre 2011, modifiant le montant de l’aide apportée, soit 700 euros par logement, achat de matériaux et prestations techniques de l’ART inclus. En cas de dépassement, le bénéficiaire est mis à contribution.
La souplesse apportée par la signature de cet avenant a permis la réalisation de 5 chantiers sur l’année 2011. Un bilan est réalisé à la fin de l’action avec le professionnel de l’ART, le référent social et le bénéficiaire. Les conclusions sont transmises au CCAS.

Bilan

Parmi les points positifs, on peut noter l’importance de la démarche d’insertion par le logement. En effet, les problématiques de logement ne se limitent pas à l’absence de logement mais aux situations de précarité dans son logement (menacé d’expulsion car loyer trop élevé, surpeuplé…) ou être dans un logement inadéquat (insalubre, non adapté au handicap). Ici, l’objet de cette action est de permettre à ces personnes d’accéder à des logements adaptés à leur situation et se trouver dans des situations pérennes car l’insertion par le logement passe par l’accès mais aussi par le maintien dans son logement. Ainsi ce projet tente de donner une cohérence au parcours logement des personnes en difficultés financières. Depuis 2010, 17 chantiers ont réalisés, les demandeurs avaient entre 21 et 77 ans. A ce jour, l’enveloppe est quasiment épuisée. Une recherche de financement complémentaire est en cours afin de pérenniser cette action.

L’aide financière n’est accordée qu’à la condition que le bénéficiaire s’implique dans les travaux. Le professionnel est là pour accompagner le chantier et donner les conseils clés. Suite à la réalisation de l’action, certains bénéficiaires se sont trouvés des aptitudes pour les petits travaux dans le logement qui seront transposables dans leur nouveau lieu de vie. Le cas des personnes âgées et /ou handicapées ne permet pas une participation effective de l’habitant. Toutefois, cela ne compromet pas la réalisation du chantier. 

Les professionnels de l’ART sont également des personnes dans une démarche d’insertion professionnelle. L’accompagnement des chantiers leur permet de valoriser leur savoir faire et est une reconnaissance qui permet d’acquérir de la confiance en soi.

En 2010, une enveloppe de 10 000 euros est disponible. Elle est financée comme suit :

  • 6 000 euros versés par l’association Emmaüs
  • 2 000 euros versés par la politique de la ville dans le cadre du Contrat Urbain de Cohésion Sociale (1 000 euros par l’Acsé et 1 000 euros par la CAF)
  • 2 000 euros par le CCAS sur ses fonds propres.

Depuis 2014 d’autres financements ont été recherchés et une enveloppe de 6 000€ a été perçu comme suit :

  • 2 000 € - CUCS / ACSé
  • 1 000 € - CUCS / Conseil Départemental 29
  • 1 000 € - Morlaix Communauté
  • 2 000 € - Fonds propres CCAS Morlaix

Depuis 2010, ce sont 20 chantiers qui ont été réalisés (1 à 2 par an). Une nouvelle information est prévue auprès des travailleurs sociaux du territoire pour réactiver les orientations.

Moyens

Moyens humains

  • les référents sociaux de la Ville,
  • les travailleurs sociaux du CCAS,
  • 1 ouvrier de l’association ART.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Association intermédiaire d’insertion l’ART (Association Recherche Travail), le conseil général.

Ils financent l'action

L’association Emmaüs Don (convention établie avec l’association), le CUCS pour les publics des quartiers prioritaires par le biais de l’aide de l’ACSE et de la CAF.

Les observations du CCAS/CIAS

Cette expérience correspond à un besoin ressenti par les partenaires sur le territoire pour des personnes en difficultés financières. Elle permet une cohérence dans le parcours logement et est un levier pour réussir à résoudre des situations avec des problématiques multiples. La recherche du maintien dans un logement permet de prévenir les expulsions et la marginalisation par un retour à la rue d’un public parfois fragile.
Cette action peut être mise en place auprès d’un public jeune comme de personnes âgées. La mise en œuvre de chantiers a été bénéfique pour les différents usagers qui y ont participé.
La participation de l’usager permet de le rendre acteur de cette action. En effet, il ne s’agit pas que d’une aide financière reçue par la personne, il faut également qu’elle soit partie prenante dans la démarche. Une fois le travail réalisé, il y a une transmission de savoirs mais aussi une valorisation du travail réalisé tant pour l’usager que pour le professionnel.

Photo : Wikimedia Commons / Thesupermat

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