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Fiche d'expérience

Aide à l’intégration de 3 familles roumaines

Aide à l'intégration de 3 familles roumaines

Contexte

Au cours du dernier trimestre 2008, la municipalité est informée que trois familles sont installées en limite du bois, dans des abris de fortune construits avec des matériaux récupérés dans une déchetterie.

Les conditions de vie de ces familles n’étaient pas dignes et présentaient d’importants risques pour la santé et la sécurité des personnes : manque d’hygiène, risque d’intoxication, de brûlures voire d’incendie du fait d’un système de chauffage sommaire. Par ailleurs, nous entrions dans une période de grand froids.

Ces familles, sans ressources et dans l’impossibilité d’accéder aux minima sociaux, vivaient de mendicité, à laquelle participaient leurs enfants. Cela a eu pour conséquence une intervention du commissariat de police et une saisine du procureur pour signalement d’enfants en danger.

Face à cette situation, la municipalité ayant le choix entre une expulsion du territoire communal ou une solution de logement décent, a choisi de loger les familles.

En collaboration avec la DASS et la Croix Rouge départementale, les familles ont été logées dans des caravanes sur un terrain clos appartenant à la commune. Ce terrain d’accueil est équipé en eau froide et chaude, en électricité et en sanitaires.

Description / Fonctionnement de l'action

A partir de l’installation de ces trois familles d’origine roumaine, dans des caravanes, la Ville a passé le relais au CCAS pour l’accompagnement à l’intégration sociale de ces familles. Pour ce faire, le CCAS de Roissy en Brie a pris la décision d’embaucher une personne ayant la maîtrise du roumain, pour être l’inter-face permanente des familles avec les intervenants médico-sociaux du territoire.

Organisation de l’action :
- Permettre aux familles des conditions décentes de logement même si celui ci n’est qu’une caravane. 
- Protéger des intempéries et notamment des grands froids.
- Apporter plus de sécurité et de confort de vie, notamment par l’amélioration des conditions d’hygiène.
- Donner une adresse administrative, par le biais de la domiciliation.
- Ouvrir les droits aux soins (aide-médicale d’état).
- Vacciner et/ou mettre à jour la vaccination des enfants.
- Faire un bilan de santé pour les adultes et les enfants.
- Favoriser la scolarisation des enfants et une bonne intégration de ces derniers dans le milieu scolaire.
- Accompagner l’apprentissage de la gestion budgétaire en commençant par la gestion des « bons alimentaires » , seule ressource monétaire pour le moment à leur disposition.

 

Déroulement de l’action :
1. Interpellation du préfet et de la DASS par le maire et son cabinet.
2. Engagement de la DASS pour le financement des caravanes.
3. Mise à disposition par la mairie d’un terrain privatif pour installer ces caravanes.
4. Le CCAS finance les moyens de chauffage (radiateurs électriques et à gaz) mis à disposition des familles.
5. Installation des familles dans les caravanes avec le concours de la Croix Rouge locale et d’un centre Emmaüs qui ont fourni des vêtements, du linge de maison, de la vaisselle et des ustensiles de cuisine.
6. Domiciliation des familles par le CCAS.
7. Un contact pris avec Rrom-Europe, afin de rencontrer une personne ayant une bonne connaissance du roumain. L’interprétariat est indispensable pour communiquer avec ces familles. Par ailleurs il y a nécessité à créer une relation de confiance, les adultes étant particulièrement sur leur garde.
8. Le CCAS recrute une interprète et lui confie la mission d’accompagner l’intégration de ces familles qui consiste en :
- La scolarisation des enfants et préparation de cette scolarisation avec les directeurs d’école et les instituteurs. 
- Le bilan de santé des adultes et ouverture des droits pour l’accès aux soins. Travail avec l’hôpital local notamment pour le traitement de pathologies graves.
- La coordination des différents partenaires dont en particulier le service social départemental et un service d’accueil de jour géré par un centre d’hébergement d’urgence.
- La coordination du bénévolat.
- Le travail avec le service municipal de développement économique sur la question de l’accès à l’emploi : trouver des entreprises locales prêtes à s’engager dans une promesse d’embauche pour permettre la délivrance d’une autorisation de travail pour 3 chefs de famille ; travail en étroite collaboration avec le service de développement économique de la municipalité.

Bilan

Bilan après 3 mois de fonctionnement :
Une contractualisation d’intégration signée entre les familles et la Ville lors d’une cérémonie officielle a mis l’accent sur la nécessité de cesser la mendicité, notamment pour les enfants. Cet engagement est parfaitement respecté par les familles.

Les enfants sont scolarisés. L’un d’entre eux, relevant du collège a dû attendre la rentrée 2009 pour obtenir une place. En attendant, un accompagnement individualisé s’est mis en place pour lui, avec un bénévole d’une association d’aide aux devoirs à raison de 3 séances par semaine.

Les enfants et les parents sont contents de la scolarisation. Les parents la souhaitaient et les enfants y prennent du plaisir. L’école est particulièrement partenaire, les enseignants ont su intégrer ces enfants qui n’avaient jamais été scolarisés.

Les familles ont obtenu l’aide médicale Etat, les enfants ont été vaccinés et un bilan de santé a révélé des problèmes de santé chez plusieurs adultes, qui sont désormais pris en charge par le centre hospitalier.

Le projet d’intégration est en bonne voie, les familles sont impliquées et particulièrement volontaristes pour réussir cette intégration. La collaboration des acteurs est riche et efficace.

Néanmoins, ce projet reste semé d’embuches. En effet, les chefs de famille reçoivent différentes demande de travail mais leur autorisation de libre circulation du fait de leur statut d’européens, ne les autorise pas à travailler. La réglementation en vigueur rend difficile l’obtention de cette autorisation de travail (elle nécessite que les employeurs acceptent de les embaucher à temps plein, pour au moins un an, et qu’ils s’acquittent d’une taxe d’environ 900 euros). Trois emplois sont à trouver pour des personnes non qualifiées, ne maîtrisant pas le français. L’objectif est de convaincre un ou des employeurs de relever le défi de ces embauches.

Moyens

Moyens humains :
Les agents du CCAS pour le suivi social et l’occtroi d’aides financières,
1 interprète
Les services municipaux du développement économique et de l’enfance-éducation.
budget : de 22 700 à 29 900 euros

Secours et aide financière pour un trimestre pour 6 adultes et 8 enfants : 3 100 euros
Aide à reconduire le temps que les pères de famille aient obtenu une autorisation de travail pour l’année : 12 400 euros
Embauche à mi-temps d’un agent chargé d’intégration : 6 mois reconductibles : 1200€ X 6 = 7 200 euros reconductible 6 mois = 14 400 euros.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

Les acteurs sociaux et médico-sociaux impliqués dans le suivi de ces familles : service social départemental, PMI, centre hospitalier, cabinet du maire.
Les bénévoles : Croix Rouge locale, association d’aide aux devoirs pour les enfants scolarisés.
L’éducation nationale : directeurs d’école et instituteurs notamment des CLIN (classe d’intégration primo arrivants).
Les services municipaux : cabinet du maire, service du développement économique, service enfance-éducation.

Ils financent l'action

Direction des affaires sanitaires et sociales (achat des caravanes), Ville de Roissy-en-Brie (mise à disposition gracieuse du terrain, des équipements sanitaires et prise en charge des consommations d’eau et d’électricité), CCAS (aides financières pour les 14 personnes, financement du poste d’interprète)

Les observations du CCAS/CIAS

Cette action vise à modifier les représentations sociales que les habitants ont des Roms. L’important travail d’accompagnement social de ces familles démunies a pour objectif de permettre à ces personnes de devenir des Roisséens à part entière, autonomes pour assurer la conduite de leur vie et celle de leurs enfants. Le choix de travailler en collaboration avec une personne ayant une bonne connaissance du Roumain et de la culture Rom, répond au souci d’établir une relation de confiance mutuelle entre les familles et les partenaires sociaux . Elle favorise l’engagement contractuel des familles et leur implication dans la démarche d’intégration.

Elle s’inscrit dans la mission de lutte contre l’exclusion qui s’impose aux CCAS et engage un processus durable d’intégration par le biais de la scolarisation et de l’accompagnement social des adultes pour l’accès aux droits.D’une manière générale ce dispositif a permis d’améliorer les conditions de vie de 14 personnes. L’accompagnement effectué a permis d’impliquer les familles dans une démarche d’intégration durable même s’il reste encore des difficultés liées à l’employabilité des adultes à surmonter.

Photo : Wikimedia Commons / Thor19

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