J'ai compris, mais plus tard...
Fiche d'expérience

Accompagnement des personnes en difficulté dans le dépistage du cancer - formation des « personnes relais »

Accompagnement des personnes en difficulté dans le dépistage du cancer - (...)
Cette action n’est plus portée par le CCAS/CIAS.

N’hésitez pas cependant à vous inspirer de cette fiche pour imaginer un projet similaire.

Contexte

Le 1er février 2000 a été annoncé un programme national de lutte contre le cancer prévoyant notamment la généralisation du dépistage organisé des cancers du sein, du côlon rectum et du col de l’utérus. Promouvoir le dépistage est une des priorités de Dijon Ville Santé et fait l’objet d’un de ses groupes de travail. L’Association de Dépistage des Cancers de Côte d’Or (ADECA 21) a fait appel à Dijon Santé Ville en 2003 pour relayer auprès du public l’information concernant les campagnes de dépistage du cancer du sein et du côlon-rectum lancées dans notre département en 2003 et en 2004. Les essais ont démontré qu’un dépistage rigoureux organisé auprès de la tranche d’âge 50-74 ans peut réduire la mortalité par cancer colo-rectal de 15 à 20% et celle par cancer du sein de 30%. Dans un souci de réduction des inégalités, le groupe « dépistages » de Dijon Ville Santé a choisi de travailler en priorité pour les populations précarisées et/ou d’origine étrangère.

Description / Fonctionnement de l'action

Afin de permettre à la population visée (personnes en difficulté âgées de 50 à 74 ans) d’avoir accès aux messages concernant les campagnes nationales de dépistage, il a été décidé de proposer une formation à des personnes relais chargées d’adapter l’information aux caractéristiques du public auprès de qui elles travaillent. Ces personnes relais ont été recrutées sur la base du volontariat parmi une centaine d’associations et de structures intervenant auprès des personnes de 50 à 74 ans.

La formation se déroule sur une matinée. Après l’accueil, les personnes participent à un travail en sous-groupes animé par le service prévention de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie. A partir d’un outil d’animation (Labaque de Régnier), les personnes sont amenées à s’exprimer sur le thème du cancer et sur le dépistage. Après une pause, les groupes sont réunis en assemblée générale pour assister à une présentation des deux campagnes de dépistage animée par le médecin coordinateur de l’ADECA 21.

Bilan

La formation, qui a eu lieu pour la première fois en 2004, a suscité une demande des acteurs du secteur social et depuis, une session est organisée chaque année. En 2008, 23 personnes issues de secteurs différents (CAF, centres sociaux, foyers, associations de loisirs...) et avec des fonctions variées (formateurs, secrétaires, agents d’accueil, responsables de structures, administrateurs, infirmiers) y ont participé.L’action de formation des personnes-relais s’est poursuivie depuis 2004. En 2007, une réunion de bilan et d’information a été organisée avec une quinzaine de participants. En 2008, une nouvelle session de formation a été organisée. Elle a réuni 23 participants sur une quarantaine d’invitations envoyées. Ces participants étaient constitués de professionnels du social et de la santé, de bénévoles de diverses associations (Secours catholique, associations des conjoints survivants, associations de loisirs...). Une collaboration avec les professionnels du social des différents quartiers a permis la participation, en outre, de personnes ressources, habitantes de ces quartiers, qui souhaitaient s’investir dans la prévention. Ces jeunes femmes souhaitaient s’inscrire à cette formation pour diffuser un message de prévention auprès de leur entourage, la barrière de la langue, les peurs, la culture différente amenant leurs familles à occulter ces examens préventifs. L’évaluation de cette session a fait apparaître que la formation a répondu à l’attente des participants, à savoir l’acquisition de connaissances grâce à des intervenants clairs et compréhensibles. Ces critères ont permis un réel échange sur le dépistage et la maladie entre les participants, certains avaient eu un cancer, d’autres se sentaient démunis face à une personne malade. Suite à cette formation, les participants se sont sentis davantage outillés pour sensibiliser au dépistage et se positionner en tant que médiateur de santé dans leur quartier. La majorité des participants souhaitent renouveler cette expérience. Une partie de ces participants s’est ensuite investie avec le CCAS de Dijon dans l’organisation d’ « Octobre Rose, mois du cancer du sein » et des prfessionnels ont accueillis durant ce mois, dans la structure où ils travaillent, pour un temps de rencontre, d’échanges et de dialogue ouvert aux habitants et en présence d’un professionnel de santé, en lien avec le dépistage ou le cancer du sein.

Moyens

La Ville de Dijon met à disposition une salle où se déroule la formation. La coordination est assurée par le CCAS qui prépare, en outre, les supports d’information diffusés au cours de la matinée. Les trois animateurs de prévention de la CPAM sont mis à disposition par celle-ci et le médecin coordinateur de l’ADECA 21 intervient dans le cadre de ses missions au sein de la structure.

Les partenaires

Partenaires opérationnels

La CPAM et son service éducation santé, l’Association de Dépistage des Cancers 21 (ADECA 21), le centre de soins infirmiers, la Ligue contre le cancer.

Ils financent l'action

La Ville de Dijon, la CPAM, l’ADECA 21.

Les observations du CCAS/CIAS

D’après l’Observatoire Régional de la Bourgogne, le plan cancer 2003-2007 en Bourgogne prévoit de renforcer la prévention primaire et secondaire. L’un des enjeux sera alors de mettre en place un dispositif touchant l’ensemble de la population afin de ne pas accentuer les inégalités sociales de santé.
C’est en vue d’atteindre cet objectif que cette action a été mise en place. Les publics dits précaires sont moins touchés par les campagnes médiatiques traditionnelles et l’enjeu est donc de retrouver les vecteurs d’information les plus efficaces. Les personnes relais sont des intermédiaires déjà connus et proches de ces personnes, avec lesquelles elles peuvent être en confiance pour aborder le thème délicat du cancer.
De plus, cette formation a répondu à un besoin des intervenants, satisfaits de l’information qu’ils ont reçue.

Par ailleurs, la formation a eu un impact inattendu. Elle a créé un contexte favorable à l’émergence d’une multitude d’autres initiatives. Elle a en effet permis à des intervenants de diverses organisations de se rencontrer et de pouvoir ensuite travailler ensemble. L’intérêt de cette action réside donc notamment dans la dynamique qu’elle a créée.
En outre, un nouveau partenariat s’est mis en place avec le Centre de Soins Infirmiers et la Ligue contre le Cancer. En effet, l’infirmière du CSI a pour mission de transmettre l’information et d’accompagner les personnes qui le souhaitent pour le dépistage. Elle est aussi une ressource pour les personnes relais. S’appuyant sur l’expérience menée par Dijon Ville Santé, ces organismes ont proposé la même formation dans une autre ville de l’agglomération dijonnaise, avec l’intervention de la Ligue contre le cancer et parfois en partenariat avec le service Dijon Ville Santé. Ainsi, cette démarche originale a mobilisé et réuni des acteurs de champs très divers afin de transmettre l’information à un public difficile a atteindre.

Photo : Wikimedia Commons / François de Dijon

Retour en haut de page