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Fiche d'expérience

Une équipe référente sur les questions liées à l’ergonomie

Une équipe référente sur les questions liées à l'ergonomie

Dans le cadre de leur activité professionnelle au domicile des bénéficiaires, les aides à domicile sont amenées à effectuer quotidiennement des gestes répétitifs ayant un impact sur leur santé. Afin de prévenir ces risques professionnels (syndrome du carpien, maux de dos, chutes…), le CIAS de Seignanx a mis en place une équipe référente sur les questions liées à l’ergonomie

Contexte

L’évaluation des risques professionnels, réalisée en 2012 par le CIAS dans le cadre de son travail préalable au DUERP, a mis en exergue un développement de l’usure professionnelle et des accidents de travail liés aux TMS. à cela s’ajoute, un isolement des agents qui interviennent sur un territoire rural composé de 8 communes.

Le projet de service est notamment axé sur la prévention des troubles musculo-squelettiques avec la formation d’« agents tuteurs en ergonomie » qui vient en complément d’actions déjà mises en oeuvre par le service ou en projet (modification de l’organisation et aménagement des plannings des agents, mise en place d’un groupe de soins palliatifs, développement d’outils pour mieux communiquer avec les usagers…).

Description

Objectifs et résultats

Objectif stratégique

 
Prévenir l’usure professionnelle et réduire les accidents de travail

Objectifs opérationnels

 

  • Transmettre aux agents des informations et les bons gestes et postures sur la prévention des TMS
  • Apporter une aide concrète face à des situations de travail à domicile (notamment de manutention de personnes ou de charges) perçues comme difficiles
  • Conseiller les usagers sur les adaptations du domicile (matériels, réaménagement des chambres...)

Résultats

 

  • Réduction du nombre d’accidents de travail liés aux TMS de 70% en 2014, de 100% en 2015.
  • Coût évité des arrêts de travail : 325 jours d’arrêts pour 8 agents, soit 26 571 € d’absentéisme
  • Evolution de la relation agents/usagers avec davantage de dialogue et d’écoute.
  • Amélioration de la cohésion d’équipe et moindre isolement des aides à domicile.
  • Valorisation et responsabilisation des personnels référents.
  • Intégration facilitée et opérationnalité immédiate des nouveaux agents.

Fonctionnement

Constitution de l’équipe référente

 
Sur le principe du volontariat, 9 agents se sont positionnés sur l’action, dont 8 disposent d’une compétence en auxiliaire de vie. En majorité, ces agents correspondent à ceux pré-identifiés pour cette action. Une information et une sensibilisation des agents ont été réalisées en amont. Cette initiative représente une opportunité d’évoluer dans leur carrière et de valoriser leur métier (valorisation non-monétaire).

Deux référents sociaux (assistantes sociales du service) ont également suivi la formation afin d’identifier les situations lors de leur visite à domicile.

Formation de l’équipe référente

 
La formation réalisée par un ergonome s’est déroulée en 3 temps, étalés sur 9 jours pendant 6 mois :

  • 1er temps : analyse du fonctionnement du CIAS (2 jours)

Il s’agit de recueillir et d’analyser, avec la direction et le service administratif et d’encadrement, des informations sur le fonctionnement du CIAS en lien avec la problématique de prévention des TMS.

  • 2ème temps : formation des participants à la prévention des TMS (5 jours)

Il s’agit de développer les capacités des participants à analyser les situations de travail d’aide à la personne et de manutention, de savoir informer et aider les autres agents du service sur le champ des TMS (comment encadrer, quelle posture vis-à-vis de ses collègues, comment repérer les alertes…).

Des situations de travail au domicile de bénéficiaires volontaires ont été filmées, afin d’analyser les gestes et postures des professionnels de terrain. Par ce biais, l’équipe a été sensibilisée aux petites erreurs et maladresses du quotidien pouvant entrainer, sur le long terme, des troubles musculo-squelettiques.

Des ateliers de mises en situations diverses (port de charge, lavage du sol, aide au lever et au coucher…) ont permis d’adopter de nouveaux réflexes.

  • 3ème temps : évaluation, suivi et réajustement (2 jours)

Ce dernier temps consiste à évaluer les retombées des deux premiers temps, de proposer des réajustements pédagogiques et méthodologiques ou des compléments d’apports de connaissance sur certains points.

Mobilisation des agents

 
Les agents sont venus par groupe sur une demi-journée de formation à l’ergonomie. Des postures et gestes simples ont été abordés pour prendre conscience de l’importance de ces pratiques dans l’exercice de leurs missions auprès des bénéficiaires.

Une partie des agents a accueilli favorablement la démarche d’avoir une personne sur qui s’appuyer sans jugement et sans lien hiérarchique ; pour d’autres, il a fallu davantage de pédagogie pour inciter au changement ("J’ai toujours fait comme ça").

Fonctionnement de l’équipe ressource

 
Après cette période d’apprentissage, les 9 agents de la formation sont devenus "personnes ressource", chacune étant référente d’environ 10 agents pour leur venir en soutien.

Le référent en ergonomie

 
Un référent en ergonomie a été désigné parmi elles :

  • il coordonne l’action ;
  • il est disponible à la demande en cas de difficultés des personnes ressources ;
  • il réunit les personnes ressources une fois par mois pour entretenir et approfondir leurs connaissances et travailler sur des projets visant à optimiser les conditions de travail et la qualité du service ;
  • il apporte un appui technique aux assistantes sociales dans l’analyse des situations confiées ;
  • il a une mission de tutorat auprès de tous les nouveaux agents : il les accompagne pendant deux jours au domicile, évalue leurs difficultés et leurs acquis et transmet les informations à un référent en ergonomie qui réajustera avec lui les pratiques.

La personne ressource et son groupe d’agents

 
Dans le planning de chaque personne ressource, une demi-journée par semaine est consacrée à l’accompagnement des agents. Chaque aide à domicile bénéficie de l’accompagnement d’une personne ressource en ergonomie qu’elle peut solliciter pour échanger sur une situation. La personne ressource peut se déplacer au domicile des bénéficiaires à la demande de l’auxiliaire de vie ou de l’aide-ménagère et soumettre quelques conseils et préconisations pour améliorer les interventions.

Le tableau de bord

 
Un tableau de suivi rempli par la personne ressource permet de référencer la typologie des interventions, de réaliser des statistiques sur les sollicitations qui reviennent fréquemment.

L’atelier ergonomie

 
Le CIAS a mis à disposition une salle avec du matériel spécifique (“chambre d’ergonomie”) : lit médicalisé, déambulateur, chaise percée… Cet équipement permet de reprendre avec les agents les difficultés rencontrées en termes de postures, de transferts et d’aménagement de l’environnement de travail.

Communication avec les usagers

 
L’information des bénéficiaires et de leur famille s’est faite par le journal intercommunal et par les agents eux-mêmes afin d’expliquer en quoi la démarche est importante pour les bénéficiaires et pour prévenir de la possibilité d’une intervention à deux personnes.

Cette initiative met également en avant le développement de l’écoute et du dialogue de l’agent avec les usagers : comprendre le besoin, expliquer les gestes, informer et sensibiliser à l’aménagement du logement (petits équipements…).

Coût

  • Ergonome : 9 750 € (formation de 6 mois, réunion d’information d’une demi-journée, 3 sessions d’une fois/semestre).
  • Mise à disposition des agents référents : 16 254 € annuel (½ journée par semaine par agent référent).

Perspectives de l’action

  • Réalisation d’une enquête n auprès du personnel deux ans après le début de l’action.
  • Développement d’ateliers ergonomie sur des thématiques identifiées par les agents.
  • Formation sur le tutorat avec un lycée professionnel pour les personnes ressources.
  • Mutualisation de cette approche avec d’autres collectivités du territoire.

Estimation CCAS

  • S’appuyer sur une équipe référente pour former les agents sur la prévention des TMS (formation entre pairs).
  • S’appuyer sur le principe du volontariat et de la démarche participative.
  • Associer l’initiative à une démarche plus globale de projet de service.
  • Prendre le temps d’informer et sensibiliser les agents, mais aussi les usagers sur la démarche, les bénéfices pour chacun.
  • Généraliser la formation aux travailleurs sociaux du service (AS, CESF…).

Paroles d’Acteurs

« Toutes ces connaissances sont des outils pour prévenir au maximum les maladies professionnelles et les accidents du travail ; elles participent également au bien-être des bénéficiaires en optimisant la qualité des interventions ».

« Le fait de pouvoir appeler à tout moment son référent pour poser une question sur une situation concrète reste très rassurant ».

« L’intérêt de cette formation est la diminution des risques de blessures et également la sécurité du bénéficiaire. Le confort de chacun est amélioré ; c’est gagnant-gagnant ».

Photo : Benoit Prieur / Wikimedia Commons

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