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Fiche d'expérience

Une cohabitation solidaire pour répondre à des besoins d’hébergements temporaires

Une cohabitation solidaire pour répondre à des besoins d'hébergements (...)

Face à une double problématique : difficultés d’hébergement des jeunes en formation et en apprentissage et isolement de personnes âgées, le CCAS de la commune Le Cheylard mise sur le dispositif « cohabitation solidaire ». Le principe est simple : un habitant met à disposition d’une personne en formation ou en contrat de courte durée, une chambre chez lui en contrepartie de services.

Contexte

Le CCAS a été alerté par la commune et le lycée qui faisait face à une demande croissante d’hébergement des lycéens à la quelle il ne pouvait répondre. L’internat n’offrant pas assez de lits, il a été constaté, qu’au fil des années, accueil dans des familles de la commune s’est développé, sans coordination ni formalisme. Dans le même temps, le CCAS recrutait une coordinatrice « personnes âgées » avec pour objectif de développer des actions pour rompre l’isolement. L’idée est donc née de mettre en place un projet pour répondre à ces deux problématiques. Pour cela, le CCAS a réalisé le bilan des possibilités d’hébergement sur la commune et a identifié les actions existantes dans le département, dont une action de cohabitation solidaire.Pour autant, le dispositif proposé par le CCAS du Cheylard n’est pas réservé à ces seuls jeunes, ni même aux seuls seniors et personnes âgées. Il s’adresse à toute personne ayant un besoin d’hébergement temporaire dans le cadre de ses études, d’une formation ou d’un travail et ayant un domicile principal en dehors du territoire.

Description

La cohabitation solidaire proposée initialement par le CCAS reposait sur l’échange de services entre personnes âgées et jeunes : un habitant (personnes âgées…) met à disposition par d’un jeune en formation ou apprentissage, une chambre chez lui, sans échange monétaire. La contrepartie est celui de services comme de participer aux tâches ménagères, aider aux déplacements (course, médecin…). Après avoir débuté l’action, le CCAS a du faire évoluer le dispositif afin de l’adapter au contexte local et aux problématiques nouvellement identifiée, mais en gardant l’objectif premier e répondre à des problèmes de logement temporaire en faisant jouer la solidarité.
Le CCAS joue un rôle de relais : l’hébergeur et l’hébergé signent par l’intermédiaire du CCAS un contrat de cohabitation, qui indique sa durée. Ce contrat est accompagné d’un code de cohabitation qui rappelle les règles de vie commune. La durée de l’hébergement est donc variable, et elle est inscrite dans le contrat hébergeur/hébergé.
Le CCAS s’appuie sur un dispositif déjà développé dans la Drôme et en Ardèche et conçu au départ par l’association Aider avec laquelle il a passé une convention pour devenir un relais. L’association apporte ainsi son savoir-faire et ses outils qui ont été adaptés aux besoins du territoire. L’association a formé la coordinatrice et la vice-présidente sur :- les documents nécessaires pour formaliser et sécuriser les deux partis (hébergeurs et hébergés) : charte de cohabitation, convention (bail), attestation d’assurance, responsabilité civile, code de la cohabitation détaillant la vie quotidienne (adapté en fonction de chaque hébergeur et nécessitant un travail en amont et des rencontres),- des simulations : répondre au téléphone, travailler les première entretiens, trouver les arguments, étude de cas…
L’association a également mis à disposition l’ensemble des documents type, ainsi que les documents de communication (charte graphique + infographiste pour adapter le document au CCAS). Il est resté au CCAS l’impression et la diffusion aux prescripteurs potentiels.
Le CCAS a travaillé étroitement avec le lycée afin de communiquer sur le dispositif auprès des jeunes. Il s’est appuyé également sur le réseau d’acteurs du secteur médico-social (3 réunions d’information) pour relayer l’information auprès du public cible et identifier les hébergeurs potentiels.Il s’agit également de lever des freins en présentant l’action comme complémentaire et non remplaçant les professionnels du maintien à domicile (compagnie et appui à de petites tâches quotidiennes).Ce relais a permis d’identifier rapidement des hébergeurs potentiels, mais également de faire émerger de nouvelles problématiques. En effet, certaines personnes étaient trop dépendantes relevant de l’aide à domicile et ne pouvaient donc pas accueillir. D’autres actions ont ainsi été mises en place, notamment une aide aux aidants, de la garde itinérante de nuit, la création d’un réseau de bénévoles pour tenir compagnie…
Le second élément identifié nécessitant une adaptation du dispositif a été la forte demande de lycéen de 15-16 ans. La problématique de ce jeune public est qu’il ne permettait d’offrir assez de services et une présence suffisante auprès des hébergeurs constitués de personnes âgées. Le dispositif a donc été ouvert aux familles. Certaines qui accueillaient déjà des jeunes ont rejoint l’action afin de formaliser les choses. Pour ce public, l’échange est différent : il est monétaire, mais encadré. Le coût est proche du coût mensuel de l’internat, une centaine d’euros. Des échanges de petits services peuvent également compléter : baby-sitting, informatique…La mobilisation des familles est réalisée via le lycée, les journaux et radios locales, le bulletin municipal.

Moyens

Moyen humain : - 1 coordinatrice personnes âgées (0.3 ETP sur le projet pour 10 cohabitations),
Coût de l’opération : 3 500 euros
- 500 euros pour l’impression des flyers, communication dans les journaux locaux et les radios locales,
- 3 000 euros pour la formation de la coordinatrice, la mise à disposition d’outils, l’étude de cas et mise en situation, l’infographie des plaquettes.

Bilan

Le projet en quelques chiffres :- 31 demandes (essentiellement des lycéens, apprentis, stagiaires, personnes en formation, instituteur mutés…),- 22 offres d’hébergements,- 10 cohabitations mises en place (objectif initial : 4 cohabitations).
Points positifs :- développement d’une offre d’hébergements décents à un coût abordable pour des personnes en formation ou activité professionnelle de courte durée sur un territoire rural,- création de liens de solidarité territoriaux et intergénérationnels,- le CCAS privilégie la qualité à la « quantité » : un travail important est réalisé en amont avec les hébergeurs potentiels et les personnes souhaitant un hébergement. Si des mises en relation ne sont pas possible, elles ne sont pas réalisées. Toutes les cohabitations ont réussis et les hébergeurs souhaitent poursuivre l’action.- très bon partenariat avec le lycée.
Difficultés :- le périmètre géographique : des ménages situés en dehors de la commune se proposent d’accueillir des personnes. Ils sont réorientés vers l’association AIDER mais ne peuvent être suivis par le CCAS. Une réflexion avec le CIAS nouvellement créée est en cours.- la nécessité un temps dédié à l’action : les entretiens préalables avec la famille du jeune et le jeune seul sont importants, ainsi qu’avec l’hébergeur afin de réussir les bonne mise en relation et de préciser les habitudes de chacun pour réussir la cohabitation quotidienne.- apparition d’une nouvelle problématique : les lycéens viennent de plus en plus loin et leur famille souhaiterait des hébergements pour la semaine et le weekend. Peu d’hébergeurs se positionnent sur l’ensemble de la semaine.

Estimation CCAS

-  Réponse à une double problématique : besoin d’hébergements temporaires de jeunes + rompre l’isolement de seniors et personnes âgées ;- Un dispositif qui a été adapté en fonction des réalités territoriales ;- Démarche participative avec des échanges de services ou monétaires, mais limités ;- Solidarité territoriale et intergénérationnelle ;- Appui de l’association pour la mise en œuvre de l’outil.

Photo : Wikimedia Commons / Havang(nl)

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