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Fiche d'expérience

Un jeune, un logement, un accompagnement

Un jeune, un logement, un accompagnement

Depuis septembre 2011, le CCAS de Tarbes a développé un dispositif de logement passerelle. Il permet l’accès au logement de jeunes de 18 à 30 ans en situation de précarité ou sans ressources, qu’ils soient seuls ou en couple. Logés pour une période de 3 mois (renouvelable deux fois), les bénéficiaires sont suivis avant, pendant et à la sortie du dispositif de manière à optimiser leurs chances d’intégrer un logement de droit commun, en toute autonomie.

Contexte

A Tarbes, les moins de 30 ans représentent 15 % des habitants. Attirés par l’emploi, les services et les activités, ils n’ont toutefois pas ou peu de ressources. En effet, 66% des 18-25 ans sont sans activités professionnelles. Dans le contexte de crise actuelle, cette précarité les rend encore plus vulnérables pour accéder à un logement. Une analyse des besoins sociaux a notamment permis de souligner la nécessité de mettre en place un dispositif dédié à ce public dont 67 % qui se sont tournés vers le service logement du CCAS sont hébergés et n’arrivent pas à accéder à un logement autonome. L’idée du dispositif est de remédier au manque d’offres de logements temporaires meublés de petite superficie et d’apporter un accompagnement renforcé et spécifique à la situation de chaque jeune.

Description

Le CCAS qui est propriétaire d’un immeuble situé dans un quartier dynamique et à proximité de nombreux services, a donc décidé d’en transformer le deuxième étage en cinq appartements meublés :
- 1 T4 disposant de 3 chambres dédié à la colocation,
- 2 studios de 20m²,
- 2 T1 de 30m².

L’accès à ce dispositif de logement est réservé au jeunes de 18 à 30 ans, sans enfant, en situation de vulnérabilité mais ayant un projet professionnel et personnel solide dont la réussite nécessite l’accès à un logement.

La mission locale, le comité local pour le logement autonome des jeunes et l’association de prévention spécialisée sont partenaires de ce projet. Ils étudient les demandent de bénéficiaires potentiels sur dossiers et entretien individuel et appuient les candidature à l’occasion d’un commission d’attribution. Après acceptation, une visite du logement est effectuée à l’occasion de laquelle le bénéficiaire signe le règlement intérieur du logement occupé, un bail de 3 mois et un état des lieux. L’occupation est également soumise au versement d’une caution de 100 euros et à la présentation d’une attestation d’assurance habitation.

L’occupation du logement est limité à une durée maximale de 9 mois, durée après laquelle le bénéficiaire doit pouvoir intégrer un logement classique au sein d’un parc privé ou public.
Afin de faciliter l’acquisition de cette autonomie, dès l’entrée dans le logement, le bénéficiaire dispose d’un accompagnement social réalisé par une conseillère en économie sociale et familiale du CCAS. Ce suivi permet notamment d’aborder différents thèmes : éducation budgétaire, entretien du logement, alimentation, emploi, accès aux soins, à la culture et aux loisirs. Un accompagnement à l’insertion professionnelle peut être proposé par la mission locale pour compléter ce suivi. Par ailleurs, le CCAS participe aux commissions d’attribution des bailleurs publics afin de faciliter la sortie du jeune vers un logement de droit commun.

Moyens

Moyens humains : 1 conseillère en économie sociale et familiale (1 ETP).
Moyens matériel :
- 1 logement T4 avec 3 chambres dédiées à la colocation,
- 4 logements individuels (2 studios et 2 T1).

Moyens financiers :
Coût d’investissement pour l’aménagement des nouveaux logements : 231 000 euros

Bilan

Le dispositif a débuté avec uniquement le T4. Mais face au succès du dispositif et au nombre de demandes, notamment sur de l’individuel (le T4 exclut les couples et n’accueille pas en même temps hommes et femmes), le CCAS a décidé de rénover 4 logement pour proposer davantage d’options aux demandeurs et satisfaire un plus grand nombre de demandes.
Depuis 2011, ce dispositif a bénéficié à 14 jeunes.

Points positifs : - le logement passerelle concentre un certain nombre de candidatures,- les jeunes passés par le logement passerelle présentent des évolutions positives, cette structure leurs ayant permis de développer des projets personnels et d’insertion professionnelle. De plus, ils ont eu accès à des logements autonomes chez les bailleurs publics,- le logement passerelle ainsi que les quatre logements autonomes répondent aux besoins recensés sur le territoire,
Points négatifs- malgré la reconnaissance nationale et locale d’un manque de logements pour les jeunes, la recherche de financements reste difficile,- même si les loyers et les charges de ces logements (passerelles et autonomes) sont peu élevés, les ressources des jeunes restent un point faible,- peu de structures sont actuellement en capacité de faire face à cette demande de logement et aucune ne peut proposer d’accompagnement parallèlement à un logement.

Estimation CCAS

Cette période de transition donne aux jeunes une assise pour stabiliser leur situation sociale et professionnelle. C’est aussi un tremplin. Car réussir à payer son loyer et ses factures optimise les chances d’intégrer durablement un logement de droit commun.

Photo : Wikimedia Commons / Florent Pécassou

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