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Fiche d'expérience

Santé, nutrition et gestion du budget

Santé, nutrition et gestion du budget

L’action consiste à permettre à un public en difficulté socio-économique d’accéder à une alimentation riche/saine/équilibrée en adéquation avec leur budget et privilégiant et valorisant les produits locaux. Il s’agit d’une action co-construite et partenariale (Redyab-Ylan, Croix Rouge, UATS SUD, SUA …)

Contexte

Le CCAS de Chirongui a été créé en janvier 2015 : il s’agit du quatrième CCAS de Mayotte. Il poursuit sa structuration afin de développer une offre complète et d’accompagnement global des publics en situation de précarité socio-économique. D’avril à décembre 2015, 2018 accueils ont été réalisés par le CCAS et de janvier en mars 2016, 540 accueils ont été réalisés.

120 personnes ont pu bénéficier d’une aide alimentaire du CCAS en 2015 et 23 depuis janvier 2016. Le CCAS a disposer d’un budget de 20 000€ en 2015, de la part de la Ville de Chirongui, qui a été dépensé pour une grande partie à cet accompagnement.

Cet accompagnement concerne surtout des familles et des personnes âgées. Une grande partie des bénéficiaires est sans aucune ressource : soit ils n’ont pas connaissances de leur droit, soit ils sont en situation de rupture de droit commun (RSA, ASPA, …) depuis plus de trois mois… D’autres ne perçoivent pas d’aide du fait de leur situation administrative. Il s’agit donc de subvenir aux besoins élémentaires de ces personnes dans une période donnée.

L’aide du CCAS consiste en un accompagnement de personnes pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Il consiste en un bon d’achat de 30€ pour une personne seule ou de 60€ pour une famille. Ce montant n’est pas du tout suffisant notamment parce que la vie est très chère à Mayotte. Cependant les moyens financiers du CCAS ne permettent pas d’attribuer davantage d’aide financière. Néanmoins, il ne s’agit pas d’assister les personnes mais de donner un bon alimentaire quand on évalue que celui-ci est nécessaire. Pour cela il est primordial dans un premier temps d’accompagner les personnes pour leur permettre d’accéder à leurs droits et prestations, en les accompagnant dans une démarche d’insertion professionnelle et de formation.

Il est également important d’aider les personnes à gérer leur budget et de les sensibiliser aux produits locaux afin de pouvoir se nourrir au mieux. Aussi, il ne s’agit pas uniquement d’attribuer cette aide mais d’accompagner de manière durable et efficace, pour que les personnes puissent être acteurs de la démarche et contribuer à leur autonomisation socio-économique.

En effet, nous observons que les personnes ont de plus en plus tendance à privilégier les grandes surfaces pour acheter leur nourriture et de ce fait à acheter des produits importés. La commune de Chirongui compte par ailleurs parmi les premières communes touchées par le diabète à Mayotte et cela concerne particulièrement les personnes en situation de grande précarité, selon Redya-Ylang, association Départementale intervenant dans le domaine.

Il s’agit alors pour le CCAS de mieux informer les publics sur ce qui est bénéfique pour leur santé et de leur donner des outils concernant ce qu’il vaut mieux acheter ou ne pas acheter dans les magasins, tant en termes d’apport nutritionnel que de coût.

Cet accompagnement doit tient compte des évolutions sociétales. Il s’agit de trouver ensemble des mesures et solutions pour s’adapter aux circonstances et au contexte de développement du territoire, dans lequel les formes traditionnelles de solidarité et la pratique du jardinage, qui permettaient de disposer de quoi cuisiner malgré le peu de ressources financières, tendent à être de moins en moins mobilisées.

Cette action consiste à travailler avec les personnes afin de prioriser leurs dépenses et de revenir sur les bases, c’est-à-dire de remettre dans les priorités des ménages le fait de manger sainement, tout en restant en adéquation avec les ressources du territoire.

Description

Objectifs

Pour les bénéficiaires

  • Leur donner des outils/connaissances pour privilégier une alimentation saine et équilibrée
  • Les rendre acteurs de leur situation et ainsi favoriser leur insertion sociale
  • Améliorer leur bien-être physique
  • Favoriser une meilleure gestion de leur budget
  • Lutter contre l’isolement en favorisant des temps d’échange, de partage et de convivialité (liens sociaux, intergénérationnels, etc.)

Pour le CCAS
o Sensibiliser et informer sur le bon équilibre alimentaire pour les personnes à faible revenu
o Favoriser une alimentation durable et locale

Pour les acteurs sociaux
Favoriser les liens partenariaux

Fonctionnement de l’action

L’action s’est déroulée en plusieurs phases :

  1. Première rencontre avec les partenaires pour leur présenter le projet et le construire avec eux.
  2. Rencontre avec les usagers (bénéficiaires des bons alimentaires) pour une co-construction collective de l’action (voir leur besoins, attentes et propositions, dégager les perspectives...) et pour la définition concrète de celle-ci (menus proposés ..).
  3. Phase théorique concernant la gestion du budget : qu’est-ce qu’un budget, quels sont les priorités ?
  4. Intervention d’une diététicienne : bon équilibre alimentaire, produits alimentaires bénéfiques pour notre santé (intervention de la Croix Rouge)
  5. Phase pratique. Cette dernière a permis de constituer deux groupes. Un groupe est parti à la campagne récoler des produits frais et un autre est parti au magasin faire des courses avec un budget à respecter. Les deux groupes, avec les conseils de professionnels, ont préparé un repas équilibré, sain et local. Ce moment leur a permis également de partager un moment de convivialité. Nous avons clôturé la journée par une activité physique (fitness) avec l’association SUA (qui signifie santé en français).

Une réunion de bilan a été effectuée quelques jours après et les retours des participants (usagers et partenaires) ont été positifs. De ce fait, cette animation sera reconduite.

Les outils pour évaluer l’action

  • Nombre de participants/personnes accompagnéss dans le cadre de cette action
  • Nombre d’orientations vers les organismes compétents pour une prise en charge globale de la situation socio-économique et le suivi des personnes
  • Nombre de personnes qui ont accédé à leur droit
  • Nombre de séances de l’action
  • La reconduction d’action en matière de sensibilisation à l’équilibre alimentaire et à l’activité physique

Moyens

Moyens humains

Croix Rouge : 3 animateurs et un Responsable du secteur
UTAS SUD : DPAH : 1 Assistante sociale, chargé des personnes âgées, 1 monitrice éducatrice chargée des personnes en situation de handicap, 2 Assistants sociaux chargé du public de moins de 65 ans.
SUA (Santé Sport Bien-être) : 2 animateurs
Redyab-Ylang (réseau diabétique de Mayotte) : 1 nutritionniste
CCAS : 1 agent et implication de la Responsable, accompagnement des personnes âgées

1.76 ETP pour 13 personnes

Moyens matériels

  • Local pour l’animation
  • Salle de réunion pour les points théoriques
  • Un bus et une voiture
  • Affiches
  • Ustensiles de cuisine
  • Ordinateur
  • Imprimantes
  • Tableau
  • Bons d’achat

Budget / Coût de l’opération

DépensesRecettes
Offre « Petit-déjeuner équiibré » 350,00 € CCAS de Chirongui 750,00 €
Transport 200,00 € Croix Rouge 200,00 €
Achat matériel pédagogique (ustensiles de cuisine, bois, …) 200,00 €
Courses 200,00 €
TOTAL 950.00 € 950.00 €

Bilan

Une trentaine de participants ont été concernés par cette action : cela a permis à des personnes qui habitent dans la même commune, voire dans le même village, de se connaitre.Le public était varié, il y avait des hommes et des femmes adultes de 20 à 65 ans et plus.

Les parents ont été orienté vers les animations du CCAS autour de la parentalité et, pour un accompagnement individuel, vers le du Point Ecoute Jeunesse des CEMEA tous les mercredis dans les locaux du CCAS.

Des personnes sont accompagnées par d’autres partenaires afin de privilégier une prise en charge globale et complémentaire (logement, RSA, ASPA, Pôle Emploi…) afin d’accéder à leurs droits. Un partenariat renforcé est mis en place avec une formalisation de conventions et la mise place de fiches de liaison. Des réunions partenariales sont organisées une fois par mois pour échanger sur des situations complexes.

D’autres animations du CCAS ont également été organisées en lien avec l’action :
un « comité de sages » a été mis en place afin de discuter de problématiques les concernant et aider les usagers à trouver par eux-mêmes des pistes de solutions à leur situation,
une action de sensibilisation autour du petit-déjeuner a été mise place en partenariat avec l’IREPS. Elle a concerné un peu plus de quatre-vingt parents.
en fin d’année 2015, deux visites de champs ont été réalisé avec les familles (parents et enfants).

Les objectifs ont été remplis. En effet les personnes ont pu mettre en pratique les éléments théoriques fournis quant à la gestion du budget, la priorisation des besoins, la valorisation des produits locaux, l’importance de manger sain et équilibré et de pratique d’une activité physique.

Des animations d’activité physique gratuite en partenariat avec SUA ont lieu deux fois par semaine dans la commune, en faveur des personnes âgées et des femmes de plus de 40 ans qui sont dans le besoin et n’ont aucune activité professionnelle.

L’action a suscité beaucoup de questionnements des usagers : cela leur a rappelé la richesse de nos produits locaux. Ainsi, les personnes ont intégré le fait que de favoriser les produits locaux participe au développement économique durable de notre territoire.

Cette action sera reconduite en impliquant davantage les enfants. C’est en effet dès le plus jeune âge qu’on doit sensibiliser les personnes pour qu’elles adoptent des conduites favorables à leur santé, tant au niveau de l’alimentation qu’au niveau de la pratique d’une activité physique régulière.

Estimation CCAS

Cette action est intéressante à reproduire car elle permet d’autonomiser les personnes, de leur donner confiance en eux, de les faire monter en compétence, de leur donner des éléments pour qu’ils puissent adopter des comportements favorables à leur santé et à leur environnement, en rappelant les besoins élémentaires, fondamentaux, de chacun.

Il nous semble qu’elle peut être conduite sur n’importe quel territoire en l’adaptant aux problématiques et aux besoins de celui-ci.

Les difficultés étaient de gérer la durée des réunions de rencontre (souvent plus longues que prévu) notamment du fait des nombreuses questions riches posées par les administrés. Il était difficile également de trouver un rythme en adéquation avec les usagers et les partenaires : en effet, la disponibilité des partenaires n’est pas la même que celle des usagers. Il faut veiller à ne pas prévoir de réunions de rencontres trop rapprochées, en se montrant à l’écoute de la disponibilité des usagers.

Cette action a été une réussite notamment car les partiaires et usagers étaient impliqués, ce qui a permis une vraie mutualisation et construction collective en termes de contenu.

Pour aller plus loin

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Photo : Wikimedia Commons / mwanasimba

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