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Fiche d'expérience

Programme de soutien aux familles et à la parentalité

Programme de soutien aux familles et à la parentalité

La ville de Limoges, à l’instar de vingt autres villes françaises, a participé à un programme nord-américain de Soutien Aux familles et à la Parentalité adapté en France par le médecin C. Roehrig, dont la marque déposée consiste en un couplage d’actions individuelles et collectives portant sur la communication parents-enfants, la valorisation de l’enfant et l’amélioration de l’estime de soi de chacun, dans le respect d’un protocole défini. Après un an d’expérimentation, ce programme perdure aujourd’hui.

Contexte

Dans le Contrat Local de Santé de la ville de Limoges, un des axes stratégiques concerne le développement des facteurs de protection pour promouvoir le bien-être chez les enfants et les parents.

Les constats suivants ont été effectués :

  • une surreprésentation de familles monoparentales dans les quartiers prioritaires par rapport au reste de la ville (46 sur les quartiers prioritaires contre 36 sur Limoges) ;
  • un indicateur synthétique de vulnérabilité des enfants qui met en exergue la fragilité des enfants : les mineurs des quartiers prioritaires sont plus susceptibles que les autres de présenter des difficultés socio-éducatives à un moment de leur parcours scolaire ;
  • les parents sont en demande d’aide et de conseil au niveau de l’éducation de leurs enfants et au niveau de leurs capacités parentales. Loin d’être démissionnaire, un certain nombre de parents sont dans l’attente de soutien.

Description

Fiche d’identité

L’action est destinée aux parents et aux enfants.

Tranche d’âge : enfants de 6 à 11 ans.

Format : actions individuelles et collectives (une heure en deux groupes enfants et parents séparés puis, ensemble pour une deuxième heure de travail ensemble).

Fréquence : hebdomadaire, sur 14 semaines.

Quand : le mardi après l’école, pendant 2h.

Lieu : Centre Social de la Bastide.

La structure pilote

Nombres d’agents dans le service impliqué dans l’action (ETP) : 0,2 ETP + supervision par la responsable du service Santé et vie Sociale

Principaux objectifs

  • Renforcer la fonction parentale au sein des familles
  • Rappeler la fonction éducative des parents à l’égard des enfants
  • Valoriser les capacités des enfants
  • Consolider les liens dans la famille

Fonctionnement de l’action

Phase d’expérimentation (de septembre 2015 à juin 2016)

 
38 personnes de 10 familles se sont engagées dans ce programme de 14 semaines permettant de reprendre en groupe les fondamentaux d’une vie de famille posée.

Les séances hebdomadaires, d’environ deux heures, étaient programmées chaque mardi après l’école.

Organisation des séances

 
Une heure en deux groupes enfants et parents séparés puis, la deuxième heure, ensemble.

La prise de parole est libre.

« On n’a pas la baguette magique pour trouver des solutions à la place des parents, c’est pour ça aussi qu’on fait appel aux familles pour leur demander ce qu’elles en pensent quand l’une d’entre elles a un questionnement »
Steve Dousteyssier, animateur du programme, espace de vie sociale de l’association ALIS

Les conditions de participation à ce programme (pour les familles) :

  • habiter dans un territoire prioritaire. En effet ce programme s’inscrit dans le Contrat Local de Santé qui n’intervient à ce jour que sur les quartiers prioritaires de la ville ;
  • les parents doivent comprendre et maîtriser le français ;
  • les enfants doivent avoir entre 6 et 11 ans (soit en âge d’être en école primaire, comme le veut le protocole du programme).

Lors de chaque atelier des thématiques sont prédéfinies, par exemple :

  • communication ;
  • valorisation de l’enfant ;
  • estime de soi.
« On échange, on discute avec les parents et on propose des outils, des choses concrètes. Il faut se les approprier et les adapter en fonction des situations familiales »
Ludivine Mandon, animatrice du programme, agent du CCAS de Limoges

L’évaluation de l’évolution du climat familial tout au long du programme s’effectue avant, pendant et après l’accompagnement des familles.

L’action sera labellisée et reconnue par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), si après trois ans les résultats auprès des familles sont probants. L’idée ensuite est de diffuser le programme de manière large, au niveau de la ville de Limoges par le service santé et vie sociale, auprès de partenaires associatifs ou institutionnels, et au niveau de l’ancienne région Limousin par l’Institut régional de prévention et d’éducation pour la santé (IREPS) du Limousin.

La ville de Limoges a signé une clause d’engagement pour pouvoir reproduire ce programme. Ainsi doivent être respectés :

  • la régularité des sessions ;
  • la formation spécifique des animateurs.

L’Ireps de la Région avec qui la ville de Limoges a conventionné est garant auprès du docteur C.Roehrig du respect du protocole de ce programme.

Prolongation de l’action

 
Le programme est en phase de développement et d’extension sur la ville et est relancé depuis février 2017.

Évaluation

 

  • nombre de programmes réalisés ;
  • nombre de familles et enfants concernés ;
  • assiduité des familles aux séances.

Moyens

Moyens humains

  • Service santé et vie sociale de la ville : 1 personne pour 176 heures.
  • CCAS : 1 personne pour 182 heures.
  • Direction de la jeunesse : 1 personne pour 46 heures.
  • Direction de la prévention et de la sécurité : 1 personne pour 46 heures.
  • Centre social de la Bastide : 4 personnes pour 427 heures.
  • Centre social Alis : 2 personnes pour 357 heures

Moyens matériels

Locaux des centres sociaux partenaires.

Coût

25 914 € (hors coûts liés aux locaux, transport et goûter) pour l’année 2015/2016.

Bilan

Après un an d’expérimentation, les résultats sur les parents et les enfants des 10 familles concernées sont très positifs : les enfants apparaissent en effet moins en difficulté dans leurs apprentissages et les adultes plus sereins dans leur manière de communiquer avec eux. Au contact d’autres parents, leur inclusion sociale s’est améliorée et ils ont pu échanger sur leurs expériences, retrouvant une meilleure estime d’eux-mêmes.

"Les parents se sentent apaisés par rapport à la gestion de leurs propres émotions".
Ludivine Mandon, animatrice du programme, agent du CCAS.

Les premiers résultats ont été mesurés au bout de trois semaines et globalement l’indice de réussite est de 84%. La ville de Limoges doit maintenant examiner la faisabilité de prolonger cette action dans le temps.

Paroles de parents

  • "Pendant longtemps, quand mon enfant revenait de l’école je devais lui dire d’enlever son manteau, etc. c’est moi qui devait tout lui faire, mais depuis un certain temps que l’on vient, j’ai constaté que je n’ai plus à lui dire, il le fait tout seul"
  • "J’étais déjà dans l’éducation positive, bienveillante et j’ai trouvé que ça m’a donné des clés et une bonne communication avec mes trois enfants"
  • "J’avais l’habitude d’être dans l’excès « Nan ne fait pas comme ça » et maintenant j’ai un temps de recul, j’observe ce qui se passe et j’essaie de mettre en place les techniques que l’on nous a apprises. On ne peut pas changer toutes nos habitudes du jour au lendemain. Il faut regarder, observer, laisser germer ces petites graines, les petites clés qu’on nous donne et grâce à ça on voit qu’au quotidien, au bout d’une semaine, deux semaines, trois semaines, ça commence à évoluer, il y a moins de tensions, moins de colère, une communication qui est beaucoup plus agréable, on arrive à mieux s’entendre"
  • "On nous a appris à parler avec l’enfant, donner des instructions, à les remercier quand ils ont fait un bon geste, à les écouter… je n’avais pas l’habitude de les remercier"

Estimation CCAS

« Cette action est née aux États-Unis et porte ses fruits partout où elle a été essaimée. Elle présente un réel intérêt et peux être dupliquée sur de nombreux territoires ».
Aurélie Lecointre, responsable du programme à Limoges.

Les principales difficultés sont :

  • de trouver des associations porteuses du programme qui reste chronophage pour les animateurs et demande un fort investissement,
  • d’ordre logistique : trouver des salles adaptées, transporter les bénéficiaires du programme si besoin, mettre en place une garderie pour les tout-petits.

Photo : Wikimedia Commons / Fonquebure

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