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Fiche d'expérience

Prévention des TMS avec un ergonome

Prévention des TMS avec un ergonome

Le CCAS de Fécamp en partenariat avec le Centre de gestion de Seine-Maritime expérimente une action sur l’ergonomie afin de prévenir les risques professionnels liés aux troubles musculo-squelettiques (TMS) et apporter des réponses aux problématiques de santé rencontrées par les agents. Cette expérience entre dans le cadre d’une réflexion plus globale et prospective sur le maintien le plus longtemps possible des agents à leur poste dans les meilleures conditions de travail.

Retrouvez cette action dans le guide UNCCAS La politique « Ressources Humaines » au cœur des organisations

Contexte

Les constats du SAAD

  • Augmentation substantielle ces dernières années des accidents de travail
  • Augmentation substantielle du nombre total de jours d’arrêt liés à ces accidents de travail
  • 67% des accidents de travail sont liés à des troubles musculo-squelettiques (TMS)
  • 45% des accidents de travail ont pour origine les personnes ou les objets en cours de manipulation ou en cours de transport manuel

Une stratégie globale du SAAD

  • Développement de différentes actions par le CCAS depuis plusieurs années
  • Stagiarisation puis titularisation des aides à domicile
  • Mise en place d’un plan de formation ambitieux
  • Organisation de groupes de parole pour partager les difficultés et les expériences sur une thématique identifiée comme récurrente
  • Sollicitation des élus et responsables du CCAS par le Centre de gestion de Seine Maritime pour répondre aux questionnements de l’anticipation des risques d’usures professionnelles et d’évaluation des risques dans le cadre du document unique

Description

Objectifs et résultats

Objectifs stratégiques

 

  • Préserver la santé des agents à leur poste de travail et les maintenir en emploi le plus longtemps possible dans les meilleures conditions de travail.
  • Anticiper les risques d’usures professionnelles en améliorant les conditions de travail.

Objectifs opérationnels

 

  • Evaluer les risques dans le cadre du document unique.
  • Disposer d’une image précise des conditions de travail.
  • Professionnaliser les aides à domicile.
  • Diminuer les arrêts de travail.

Résultats

 

  • Implication des agents qui sont à l’écoute et se sentent investis sur les approches qui les concernent.
  • Amélioration de la cohésion d’équipe et moindre isolement des aides à domicile.
  • Valorisation des agents et meilleures connaissances du métier par l’ensemble des parties prenantes.

Fonctionnement de l’action

Définition et validation du projet

 
La demande initiale des élus et responsables du CCAS portait sur :

  • la réalisation du document unique et notamment l’évaluation des risques ;
  • l’amélioration des conditions de travail : comment réduire les arrêts ? Comment adapter l’activité si restrictions médicales ? Comment accompagner les agents vers la reconversion ?

Le Centre de gestion, en s’appuyant sur un médecin de prévention et un ergonome, a réalisé avec le DRH de Fécamp et la direction une première proposition de démarche. Elle a été présentée à toutes les parties prenantes (agents, conseillers prévention, élus). Les échanges et les retours de chacun ont permis d’enrichir le premier projet et d’obtenir l’adhésion et la
validation de chaque partie.

identification et mobilisation d’un échantillon d’agents

 
Le CCAS a choisi de lancer l’expérimentation avec un échantillon de 40 aides à domiciles. Une présentation a été faite aux agents et cet échantillon a été constitué sur la base du volontariat. Celui-ci est représentatif de différents critères tels que le type d’habitat (individuel/collectif), le statut de l’aide à domicile, son âge, son ancienneté…

Diagnostic – évaluation des risques

 
La phase de diagnostic-enquête réalisée avec les aides à domicile volontaires a pour objectifs d’avoir une vision précise des conditions de travail et de connaitre le profil des bénéficiaires. Il s’agit d’une part d’évaluer les risques et d’autre part de réajuster l’offre de services à la demande en fonction notamment du profil des aides à domicile, du secteur géographique… Cela nécessite de prendre en compte plusieurs paramètres.

Un questionnaire et une étude ergonomique portent sur l’évaluation des risques physiques : ils ont pour objectif d’identifier la différence entre ce qui est prescrit au domicile des bénéficiaires et le réel.

Ce questionnaire est renseigné par les aides à domicile pour chaque bénéficiaire sur le matériel et l’environnement de travail (description du matériel, de l’environnement, de l’accès au logement, des déplacements…).

Le questionnaire a été construit et validé par les aides à domicile, la hiérarchie, les élus et le médecin prévention.

Une étude de l’environnement de travail de l’agent (port de charges, surfaces à entretenir, matériel mis à disposition…) a été également réalisée par l’ergonome au domicile de la personne avec l’accord de celle-ci.

Un entretien portant sur l’évaluation des risques psychosociaux mené avec un support méthodologique (type questionnaire spécifique) le complète : cet entretien individuel de chaque aide à domicile est réalisé par l’ergonome sur le ressenti du métier.

Synthèse et restitution aux agents

 
Les résultats de la phase de diagnostic sont synthétisés (information transmise de manière anonyme) par l’ergonome du Centre de gestion et présentés à des groupes mixtes composés des agents de différents secteurs, des responsables, des représentants du personnel.

Il s’agit de transmettre la même information à toutes les parties prenantes, de favoriser les échanges, ainsi que la valorisation et la reconnaissance du métier.

Les résultats sont enrichis des échanges et retours des parties prenantes et donnent lieu à des préconisations. La synthèse est traduite de manière à être exploitable dans le document unique (pour tous les risques y compris les risques psychosociaux).

Mise en place de mesures

 
Les résultats de l’enquête et les préconisations donneront lieu à la mise en place d’un plan d’actions qui devait être présenté et validé par l’ensemble des parties prenantes : la direction, les élus, les aides à domicile, l’ergonome et le médecin prévention.

Parmi les perspectives envisagées :

  • réaliser un guide - de bonnes pratiques destiné aux aides à domicile construit avec les agents et l’ergonome pour apporter des pistes d’amélioration au CCAS et des clés aux agents ;
  • traiter une problématique identifiée comme récurrente lors d’un des groupes de parole ;
  • identifier ce que les aides à domicile font et ce qui n’est pas de leur ressort, et dans ce cas proposer des alternatives dans le cadre d’un échange direction-agents-ergonome ;
  • développer la communication auprès des personnes âgées et de leur famille sur les obligations et recommandations concernant les tâches et missions des agents ;
  • aborder les questions concernant l’acquisition de matériel, la réalisation de travaux qui seraient à la charge des bénéficiaires et dans la mesure du possible, l’aide à la recherche de financements des travaux ;
  • professionnaliser les agents et valoriser le travail et le métier d’aide à domicile notamment par des formations utiles tout au long de la carrière.

L’expérimentation du CCAS aborde également les dimensions :
organisationnelle : identification des secteurs géographiques les plus impactés et répartition de l’activité en fonction des différentes étapes de la vie professionnelle des agents et de leurs profils ;
prospective : réflexion sur le parcours de vie professionnelle de l’aide à domicile sur 10 ans en lien avec le service mobilité interne du Centre de gestion, réflexion sur la mise en place d’une GPEC (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences) ;
collaborative : travail avec le médecin de prévention du Centre de gestion sur l’adéquation entre les conditions d’exercice des missions et l’état de santé des agents.

Planification de la démarche

 
Premier trimestre 2015 : présentation de la démarche aux élus, aux représentants du personnel et au médecin de prévention. Accord du médecin de prévention pour que l’expérimentation entre
dans le cadre médical.

Deuxième trimestre 2015 : sollicitation des aides à domicile pour construire l’échantillon.

Septembre 2015 : lancement du travail participatif.

Mars 2016 : validation des questionnaires.

Juin 2016 – Octobre 2016 : remplissage des questionnaires par les agents et étude de l’environnement de travail.

Octobre 2016 – Décembre 2016 : entretien sur le ressenti, analyse des questionnaires et premières présentations des résultats aux aides à domicile et à la direction du CCAS.

2017 : mise en place de mesures.

Moyens

Quels moyens ?

Au CCAS : deux personnes référentes, le DRH de la ville/CCAS, le directeur du CCAS, le responsable du SAAD, l’assistant prévention.

Au Centre de gestion : un ergonome, un chef de service, un médecin de prévention.

Quel coût ?

La collectivité adhère à la médecine préventive du Centre de gestion. L’action a été co-construite et validée avec le médecin prévention. Elle a ainsi été inscrite dans le cadre du plan de santé passé entre les collectivités et le service santé-prévention qui définit les actions prioritaires et qui a privilégié les aides à domicile dans le cadre des actions en milieu de travail.

Par conséquent, cette démarche n’a pas engendré de coût supplémentaire pour la collectivité.

Conseils du CCAS

  • Impliquer la collectivité et les différentes parties prenantes (agents, direction, élus…).
  • Choisir un professionnel spécialisé avec une connaissance suffisante pour faire des propositions simples et efficaces (par exemple un ergonome).
  • Choisir un intervenant extérieur offre aux agents un autre regard (ne pas être dans le contrôle, ne pas être intrusif), mais il est nécessaire d’être prudent sur la phase d’évaluation en créant une relation de confiance et en mettant en place des actions pédagogiques.
  • Suivre les différentes étapes avec une démarche participative.
  • Proposer une vision prospective avec la mise en place d’un plan d’actions global et des solutions individuelles

Photo : Wikimedia Commons / Daniel D

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