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Précarité énergétique : le coût de l’inaction risque d’être bien plus élevé !

Précarité énergétique : le coût de l'inaction risque d'être bien plus (...)

Une personne est en situation de précarité énergétique lorsqu’elle « éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat. » Cette définition traditionnelle est issue de la loi Grenelle II de 2010, date à laquelle les pouvoirs publics ont décidé d’un engagement national de lutte contre la précarité énergétique. Le chantier reste encore très vaste.

Comme l’illustre cette tendance, dévoilée lors du colloque organisé le 22 novembre à Paris par l’ADEME, l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) et les ministères de l’Environnement et du Logement : ces deux dernières années, la précarité énergétique a progressé pour toucher aujourd’hui plus de 12 millions de personnes. Ce colloque a aussi démontré la nécessaire mobilisation de tous les acteurs, publics, sociaux, du logement et de l’énergie. Dans ce contexte, les collectivités locales et leurs CCAS ont un rôle de coordination souvent déterminant pour toucher les publics les plus fragiles.

Lutte contre la précarité énergétique : un défi collectif

« La lutte contre la précarité énergétique est un chantier prioritaire pour réussir la transition énergétique » défend le président de l’ADEME et de l’ONPE, Bruno Lechevin. « Comment pouvons-nous bâtir une société plus respectueuse des ressources, plus équitable, plus solidaire sans traiter cette question ? » interroge-t-il. Impossible en effet de dissocier le pilier social du développement durable des autres enjeux. Or, la précarité énergétique est une réalité économique et sociale vécue par un Français sur cinq. « La précarité énergétique se propage chaque jour pour toucher toujours plus de ménages » observe Bruno Lechevin.

Le colloque organisé mi-novembre, qui a réuni des acteurs locaux, élus et techniciens, marque selon lui cette nécessaire prise de conscience d’un défi collectif dans lequel l’ADEME et l’ONPE prennent leur part en améliorant la connaissance du phénomène de précarité énergétique, de ses impacts économiques et sociaux et en participant à l’amélioration des réponses. « Notre feuille de route », explique Bruno Lechevin, « comprend l’exploration de deux nouveaux domaines : la mobilité et la santé. » Les tables-rondes de l’après-midi l’ont justement expliqué, les questions de mobilité pèsent un peu plus sur la précarité énergétique, quand un habitat mal ventilé, peu chauffé fragilise la santé de ses habitants. Au-delà des aides pour répondre à l’urgence, comme le chèque énergie, « il est impératif d’avoir une action de prévention massive en réhabilitant les logements des ménages les plus modestes, pour éliminer les passoires énergétiques » insiste Bruno Lechevin. Il n’y a « jamais eu autant de mesures pour cela », reconnaît-il, citant le programme Habiter Mieux (voir ci-dessous) ou les objectifs de rénovation de logement fixés par la loi de transition énergétique qui vont se décliner dans les territoires. Aussi, la mobilisation de chacun, et au niveau local des collectivités locales et de leurs CCAS, s’impose pour réussir à « concilier ces dimensions sociales, économiques et environnementales du développement durable. »

Le coût de l’inaction sera bien plus élevé

Comme dans une pelote de laine, la difficulté consiste à tirer le bon bout de la pelote. Or, lutter contre la précarité énergétique ne se limite pas à la délivrance d’une aide d’urgence, fût-elle essentielle. Les retours sur le nouveau dispositif du chèque énergie, qui remplacera les tarifs sociaux électricité et gaz au 1er janvier 2018, sont à ce titre instructifs. Selon le ministère de l’Environnement qui en a présenté un premier bilan lors du colloque de l’ONPE, l’expérimentation menée dans quatre départements l’an dernier montre des résultats selon lui encourageants. Le chèque bénéficiera à davantage de personnes et sera plus équitable car il concernera toutes les énergies de chauffage, donc aussi le fuel et le bois. Mais ces aides, qui peuvent localement s’ajouter à des aides facultatives des CCAS, ne suffisent pas à sortir les plus modestes de la précarité énergétique. L’ONPE évalue ainsi que la facture énergétique des ménages devrait être réduite d’au moins 3 fois plus pour les sortir de leur situation de précarité. C’est donc surtout une action de fond qui doit être menée….

Télécharger l’intégralité du supplément d’information consacré à ce colloque

Découvrir les ressources de l’Observatoire National de la Précarité Energétique (ONPE)

« Les chiffres clés de la précarité énergétique », édition n°2, novembre 2016. Ce petit livret de 38 pages condense et synthétise tout ce qu’il faut savoir et comprendre sur la précarité énergétique. Cette étude est en téléchargement sur le site de l’ONPE.

Vous y trouverez aussi des rapports et fiches actions régionales, des définitions, documents, etc….

Photos :
Logo de l’article : Riccardo Annandale
Portrait de Bruno Lechevin : J. Chiscano

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