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Fiche d'expérience

Mise en place d’une alimentation de qualité et raisonnée pour les services sociaux de proximité

Mise en place d'une alimentation de qualité et raisonnée pour les (...)

Ce dispositif consiste à développer et à favoriser une alimentation de qualité, raisonnée, solidaire, fraîche et de saison pour les dispositifs d’aide alimentaire et de restauration offerts à nos usagers. Il s’adresse donc en premier lieu aux bénéficiaires de l’épicerie sociale mais aussi aux usagers de la crèche municipale, des cantines scolaires et de nos restaurants du Troisième Âge.

Cette action avait été présélectionnée par l’UNCCAS dans le cadre des Prix de l’Innovation Sociale Locale 2016.

Contexte

La Ville de Saint-Flour a souhaité à travers son premier contrat social 2010-2012 et son second contrat de cohésion sociale 2014-2016, confier à son CCAS la gestion de l’ensemble des services de proximité à la population.

Ainsi, au 1er janvier 2012, les deux services de restauration pour les personnes âgées ainsi que la cantine d’un des trois groupes scolaires ont été confiés au CCAS. En 2015 le CCAS a donc confectionné plus de 70 000 repas.

Au 1er janvier 2014, ce sont les services liés à la petite enfance qui ont été transférés au CCAS, soit le Relais petite enfance et la structure multi accueil, gestionnaire d’une cuisine pour réaliser les repas aux 0-3 ans.

Forte de sa capacité de gestionnaire de services de restauration, la commune a choisi de transférer la cuisine de son second groupe scolaire au CCAS à partir du 1er janvier 2016.

Par ailleurs, depuis septembre 2010, le CCAS est gestionnaire d’une épicerie sociale et solidaire avec la création d’un potager communal par la commune de Saint-Flour en 2012.

Le CCAS est donc passé d’une logique de bureau de l’aide sociale à une logique de gestionnaire des services de proximité à la population, notamment dans un contexte de plus en plus intercommunal.

Ainsi, le CCAS réalisera en 2016 près de 90 000 repas pour la population sanfloraine, soit près de 35 000 repas pour la cantine scolaire, près de 20 000 repas pour les personnes âgées pris sur place et près de 40 000 repas pour le portage de repas à domicile et près de 50 repas jour pour la petite enfance, sans compter la fourniture de denrées alimentaires pour les 30 familles en file active issues de l’épicerie sociale.

Fort de ce constat économique, il paraissait indispensable de créer du sens, du lien social et de « raisonner » la fourniture de denrées alimentaires au sein des services de restauration.

Description

Finalité de l’action

Tendre vers une alimentation locale, de saison, rationnelle et solidaire pour nos usagers.

Principaux objectifs

  • Couvrir, par le biais de notre potager communal (chantier d’insertion) les besoins en fruits et légumes frais, notamment en été, pour approvisionner l’épicerie sociale du CCAS
  • Favoriser la ramasse dans le cadre du partenariat avec la Banque Alimentaire et l’enseigne locale Leclerc
  • Pérenniser une alimentation dite « maison » pour les 43 familles utilisatrices de notre crèche municipale et développer l’utilisation de produits bio
  • Favoriser l’éducation alimentaire par des événementiels (semaine du goût, forum consom’acteurs, ateliers cuisine,…) et répondre au programme national nutrition santé pour nos services de restauration
  • Développer l’achat local et les circuits courts ainsi que les partenariats avec les agriculteurs par une mise en concurrence et une nouvelle procédure de marchés publics (en cours et en projet)

Fonctionnement

Favoriser une alimentation de qualité et solidaire pour nos dispositifs d’aide alimentaire

 
Les produits cultivés par le chantier d’insertion (potager communal) ont pour vocation de venir approvisionner en produits frais, locaux et de saison l’épicerie sociale et solidaire de la Ville de Saint-Flour, dont sa file active est d’environ 30 familles aidés en permanence.

Cette mise à disposition gratuite permet de respecter les recommandations du programme national Nutrition Santé, en apportant aux bénéficiaires de l’épicerie une alimentation saine, équilibrée et de saison. Elle permet d’être un support pédagogique pour la réalisation d’ateliers collectifs culinaires sur la consommation et la production de produits frais. En outre, durant l’été un accompagnement est réalisé pour que les bénéficiaires viennent se servir en produits frais directement au potager communal. De plus le surplus sert également à approvisionner les services de restauration du CCAS. L’objectif étant de créer un cercle vertueux autour d’une alimentation solidaire.

Cet objectif a été renforcé dans le courant de l’exercice 2015, puisqu’une convention de partenariat entre la Banque Alimentaire d’Auvergne, l’enseigne locale Leclerc et le CCAS permet de mettre en place la ramasse de produits non vendus et donnés à la Banque Alimentaire et au CCAS pour l’épicerie sociale et solidaire.

Favoriser une alimentation de qualité et raisonnée pour nos services de restauration

 
Cette action comprend une partie déjà mise en place et une autre en cours de réflexion.

La première dépend de la volonté du CCAS de fournir un repas frais, de saison et en circuit court avec une dimension de bien être alimentaire et pédagogique, tout d’abord pour la restauration petite enfance. Le personnel de la crèche (directrice) élabore avec une cuisinière dédiée à la petite enfance des repas intégralement faits maison avec des produits achetés en direct par la directrice chez les commerçants locaux. Des animations pédagogiques sont réalisées autour de la prise de repas (semaine du goût, atelier intergénérationnel autour de la cuisine avec le centre social…).

Ensuite, une démarche similaire est réalisée avec nos trois autres services de restauration où les repas sont faits maison dans sa majorité avec un achat réalisé chez des commerçants et artisans locaux, notamment pour les produits frais.

Une deuxième étape est en cours de préparation avec d’une part, la réalisation de repas bio et en circuit court pour tous les repas préparés dans le cadre de la crèche municipale et d’autre part l’introduction dans le cadre des marchés publics de la notion d’achat de produits en circuit court et la mise en place d’un repas bio par semaine dans les services de restauration scolaire et pour personnes âgées (exercice 2016).

Les outils pour évaluer l’action

L’analyse économique et financière de nos services de restauration avec l’évolution du prix de revient, du nombre de repas confectionnés et du nombre d’usagers.

La notoriété et la satisfaction de nos usagers grâce auxquelles nos services et structures sont fortement demandés.

L’accompagnement effectué au titre de notre épicerie sociale avec la mise en place d’ateliers culinaires. En 2015, 168 personnes ont été aidées et ont donc bénéficié de fruits et légumes frais, de saison et bon marché issus d’un dispositif solidaire. 75% des familles bénéficiaires ont eu une sortie positive en 2015.

Moyens

Moyens humains

  • Personnel administration générale du CCAS pour la ramasse tous les jeudis à l’enseigne Leclerc puis gestion des stocks (7h/hebdomadaire) soit 0.2 ETP
  • Conseillère en économie sociale et familiale sur l’éducation alimentaire et la mise en place d’événements soit environ 0.15 ETP
  • Création d’un chantier d’insertion dont deux CDDI à 26h hebdomadaire sur le potager communal + livraison, soit environ 1.5 ETP + personnel tuteur 0.2 ETP
  • Embauche d’une cuisinière à plein temps dédié à la restauration de la crèche, soit 1 ETP + temps de la directrice sur l’éducation alimentaire, soit environ 0.15 ETP
  • Personnel service des marchés publics de la commune pour rédaction du cahier des charges fournitures alimentaires des services de restauration du CCAS, soit environ 0.15 ETP en 2016

Moyens matériels

  1. Aménagement d’un potager communal de 500 m² avec outils de jardinage par la Ville de Saint-Flour
  2. Aménagement d’une cuisine en régie directe en interne de la crèche municipale
  3. Aménagement d’une nouvelle cuisine pour le portage de repas et la confection des repas pour un des trois services de restauration du CCAS
  4. Parti pris de gérer 3 services de restauration à taille humaine (150 repas/jour) pour chaque pôle et une cuisine dédiée à la restauration de la petite enfance en régie directe par le CCAS :
  • Cantine scolaire du groupe de Besserette
  • Cantine scolaire du groupe Hugo Vialatte + repas pris sur place par des personnes âgées
  • Portage de repas + repas pris sur place par des personnes âgées
  • Cuisine de la crèche municipale

Budget / coût de l’opération

Aménagement d’un potager communal + chantier d’insertion avec 2 CDDI
25 000 € d’investissement environ pour la parcelle du potager communal + 40 000 € de fonctionnement annuel

Aménagement d’une cuisine en régie directe en interne au service de la crèche municipale
Renouvellement de matériel régulier, dont environ 3 800 € en 2016 pour du matériel de cuisine + budget alimentaire (achat des denrées) de 17 000 €/an + cuisinière dédiée, soit environ 30 000 €/an

Aménagement et modernisation d’une nouvelle cuisine et notamment d’un local de portage de repas pour un de nos 3 sites de production de repas
1 000 000 € d’investissements environ

Gestion de 3 services de restauration cantine scolaire + personnes âgées en plus du service de la crèche
Budget annuel de fonctionnement d’environ 800 000 € en régie directe

Soit environ 887 000 € de budget de fonctionnement dédié à l’alimentation par an, soit près de 135 € par habitant Sanflorain.

Bilan

Le premier élément est le prix de revient moyen pour un repas élaboré dans nos services de restauration. En moyenne, tous repas confondus, un repas produit coûte à la collectivité 9.18 € en 2015 contre un prix moyen payé par les usagers de 6.38 €.

Le second élément est l’augmentation du nombre de repas confectionnés. En 2012, celui-ci était de 65 000 repas produits. En 2015 il était de près de 71 000 repas.

Le troisième élément est la satisfaction des usagers, notamment celle des familles bénéficiant de la crèche municipale, dont le prix moyen payé par ces derniers à l’heure est de 1.70 € contre près de 8 € supporté par la collectivité.

Ensuite, concernant l’activité du potager communal, environ 300 kg de fruits et légumes par an sont distribués au sein de l’épicerie sociale et dans nos services de restauration pour le surplus. Cette production a permis une augmentation de la consommation des fruits et légumes et une diminution de la distribution des plats cuisinés.

Estimation CCAS

Ce projet a un fort potentiel à être essaimé sur d’autres territoires. Le potager communal permet notamment à moindre frais d’alimenter les dispositifs d’aides alimentaires (épicerie sociale, banque alimentaire…) en produits locaux, frais et de saison. L’investissement est peu excessif et le fonctionnement couplé à celui d’un chantier d’insertion permet aux collectivités ou associations de bénéficier d’aides aux postes, en plus de créer un cercle vertueux autour de l’action sociale. Ce sont des personnes en insertion qui produisent et livrent des bénéficiaires de l’épicerie sociale. L’image est extrêmement valorisante.

La mise en place d’un processus d’alimentation de qualité et raisonnée dépend fortement de la volonté politique d’un territoire et de son outil de production. A Saint-Flour et de manière historique depuis 1978 existaient deux cuisines pour la restauration du 3ème âge. A ces dernières s’est rajoutée la volonté d’intégrer une cuisine en régie directe à la crèche municipale.

Par ailleurs, il s’agit à l’heure actuelle, en prenant en compte les contraintes budgétaires et la baisse des dotations par l’Etat, d’une vraie gageure et d’une véritable prise de risque de favoriser le maintien de services coûteux en régie directe.

Photo : Wikimedia Commons / J.F Ferraton

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