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Le social, quel retour sur investissement ?

Congrès 2017 de l’UNCCAS : Plénière d’ouverture

Le social, quel retour sur investissement ?

La seule logique assurantielle de l’après-guerre ne suffit plus à compenser les risques sociaux. Chômage structurel, travailleurs pauvres, augmentation des familles monoparentales… Les visages de la précarité ont évolué et réinterrogent l’efficience des politiques sociales. Le phénomène a été identifié dans toute l’Europe. Mais face aux limites de l’Etat dit Providence et à l’émergence de ces nouveaux risques sociaux, une autre approche semble possible. Son but : non plus seulement corriger ou réparer mais miser sur les dimensions préventive et « capacitante » [1] des politiques sociales. Connue depuis plus de 20 ans, cette approche a un nom : l’investissement social.

Le point sur la plénière d’ouverture du Congrès 2017 de l’UNCCAS, les 17 et 18 octobre à Reims.

Une notion délicate à appréhender

Comment définir cet investissement social ?

  • une modernisation du système de protection sociale pour en garantir sa viabilité, tout en lui permettant de mieux répondre aux nouveaux besoins économiques et sociaux ;
  • une stratégie qui invite à investir de façon précoce et continue dans les personnes ;
  • une meilleure articulation de certaines politiques sociales. [2]

On le comprendra, la restriction budgétaire étant devenue banale, le retour sur l’investissement social doit être mesuré. Il faut du résultat. Voilà bien où le bât blesse :

  • Comment évaluer l’impact, parfois à long terme, des dispositifs et décisions prises à l’instant T… ?
  • Au-delà, comment convaincre du bien-fondé de cette approche ?
  • Comment les élus locaux s’emparent du sujet ?

Un enjeu politique de long terme

Il ne faut pas se leurrer, l’investissement social a un coût. Mais si la population est mieux armée dès le départ, elle est plus autonome face aux risques et donc moins gourmande en prestations sociales. Le jeu n’en vaut-il pas la chandelle, à la fois sur le plan individuel mais aussi collectif ?

La difficulté pour les élus locaux est de trouver le consensus : investir aujourd’hui pour le futur. Le choix politique, qui remet la personne au centre, prévaudrait donc sur la seule logique financière. Sauf que ce choix, dont les impacts vont parfois bien au-delà du mandat municipal, peut être cornélien.

En posant les termes du débat, la plénière d’ouverture du congrès de l’UNCCAS 2017 proposera une vision à 360° de l’investissement social et de ses enjeux.

Intervenants

  • Patrick Gohet : Adjoint du Défenseur des droits, en charge de la lutte contre les discriminations et de la promotion de l’égalité
  • Arthur Heim : Chef de projet à France Stratégie et auteur de « Peut-on estimer le rendement de l’investissement social ? »
  • Animateur : Jean Dumonteil

Photo : Patrick Gohet / DR

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