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Fiche d'expérience

Le café de nuit à l’EHPAD des anciens combattants

Le café de nuit à l'EHPAD des anciens combattants

Afin d’apaiser les angoisses nocturnes, de renforcer les liens entre les résidents, de faciliter le travail des équipes de nuit, et dans le cadre d’une réflexion sur la prise en charge non médicamenteuse des troubles du comportement, l’équipe de l’EHPAD a mis en place un café ouvert aux résidents la nuit. Celui-ci ne nécessite aucun moyen humain supplémentaire et pratiquement aucun frais.

Contexte

L’Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) des Anciens Combattants, géré par le Centre Communal d’Action Sociale de Nice est situé sur les hauteurs de Nice. Cette structure a été agrandie entre 2007 et 2009, passant de 50 à 102 résidents.

L’établissement bénéficie de la présence d’un médecin coordonnateur à temps plein, d’une infirmière coordonnatrice, d’un ergothérapeute, de 6 Infirmières, de 2 Psychologues, de 31 Aides-soignantes, de 16 Agents de service hôtelier et 2 animateurs.

Cette équipe pluridisciplinaire permet l’élaboration d’un projet de soins qui respecte la volonté du résident dont l’objectif est de proposer une prise en charge adaptée à ses besoins et ses capacités et modifiable à tout moment.

L’établissement a signé en Mars 2016 une convention de labellisation pour l’accueil des ressortissants de l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.

Sa particularité au regard des autres établissements du CCAS, outre sa capacité d’accueil, est l’existence, au 4éme étage, d’une unité protégée réservée aux résidents atteints de pathologies de type Alzheimer.

Le projet de vie et de soins de l’établissement est ainsi basé sur la prévention des troubles du comportement, en privilégiant une prise en charge non médicamenteuse.

Ainsi l’établissement développe des actions d’animations fréquentes et adaptées (bals, chant, théâtre, ateliers artistiques réalisés par l’équipe d’animation).

Les soignants orientent leurs activités vers des animations « flash », des ateliers sensoriels, des massages, le SPA…

Sensibilisé et formé, l’ensemble du personnel (Infirmiers, Aides-soignants, agents de service hôtelier) participe également à ces activités.

Suite à une réunion entre le médecin coordinateur, l’infirmière coordinatrice, les aides-soignants référents de jour et de nuit et la responsable de l’EHPAD, dans le cadre d’un travail sur la prise en charge non médicamenteuse des troubles du comportements, il a été décidé de mettre en place des actions thérapeutiques spécifiques liées aux contraintes et aux problématiques que pose la nuit, notamment les déambulations, les crises d’angoisse et les insomnies récurrentes de certains résidents.

Description

Principaux objectifs

  • apaiser les angoisses nocturnes,
  • renforcer les liens entre les résidents,
  • réduire la consommation de médicaments des résidents,
  • faciliter le travail des équipes de nuit.

Fonctionnement de l’action

Un café de nuit a été créé dans un petit salon au centre de l’établissement.

Ce lieu permet aux résidents de s’installer confortablement. Une collation est mise à leur disposition avec des boissons de type tisane ou sirop, des biscuits et du café parfois au petit matin.

La charge de travail des équipes de nuit (composées chaque jour de 4 personnes, aides-soignants et auxiliaires de vie) se répartit globalement comme tel :

  • de 21h à 23h : période de travail intense (changes, distribution de médicaments, soins…),
  • jusqu’à 4h : surveillance et réponse aux sonnettes.

Jusqu’ici, les 4 personnes se répartissaient ce travail.

Aujourd’hui, 2 soignants répondent aux sonnettes et assurent la surveillance alors que deux autres sont au café de nuit.

Cette action ne demande donc pas de personnel supplémentaire.

Moyens

  • Moyens humains : 2 soignants
  • Moyens matériels : un espace de détente (fauteuils, table..), une cafetière, une bouilloire, des tisanes, des biscuits…
  • Coût / budget : essentiellement le coût des denrées...

Bilan

Depuis la mise en place de cette nouvelle action au printemps 2016, l’établissement a pu noter une réduction des troubles du comportement la nuit et des déambulations, par le respect du rythme circadien des résidents.

Les soignants passent moins de temps en surveillance et peuvent prendre en charge plus personnes en même temps.

Cette action ne donne pas plus de travail aux soignants, au contraire, ils enregistrent moins d’appels la nuit.

Estimation CCAS

Il vaut mieux monter le projet avec l’équipe concernée, pour qu’elle soit partie prenante car sans elle, cela risque de mal se monter puis mal fonctionner. Nous n’avons rencontré aucun frein dans la mise en place et aujourd’hui dans le fonctionnement du café.

« Ce café coûte trois fois rien : biscuits, café… ce n’est pas un projet onéreux mais qui a de très bonnes retombées sur les résidents et le personnel », témoigne Annie Ricolvi, responsable de l’EHPAD.

Un projet dont Joëlle Martinaux, vice-présidente du CCAS et présidente de l’UNCCAS, résume l’utilité en ces termes : « L’EHPAD est avant tout un lieu de vie. Si l’on considère que c’est le chez soi, on apporte avec ce café de nuit une prestation supplémentaire sans que ce soit coûteux ou chronophage. »

Photo : Wikimedia Commons / Tobi 87

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