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Fiche d'expérience

L’apport des connaissances en gérontologie dans la pratique quotidienne des intervenant(e)s à domicile et des aidants

L'apport des connaissances en gérontologie dans la pratique quotidienne (...)

Ce dispositif a pour objectif de maintenir un dialogue et un équilibre à domicile, grâce à une formation par une gérontologue, un suivi de visites à domicile avec l’aidant personnel ou professionnel. Des groupes de coordination et d’analyse des pratiques sont également mis en place.

Retrouvez cette action dans le guide UNCCAS La politique « Ressources Humaines » au cœur des organisations

Contexte

Les prises en charge de personnes présentant des troubles cognitifs sont de plus en plus importantes. Les aidants sont souvent en difficulté face aux situations complexes et par conséquent s’épuisent.

Description

Objectifs

  • Améliorer la prise en charge de la personne âgée qui a perdu ses repères, en lui proposant un interlocuteur privilégié (une psychologue gérontologue) qui prenne le temps de comprendre ses difficultés, ses choix, ses craintes, et puisse s’en faire le porte-parole auprès de ses aidants professionnels et personnels.
  • Améliorer les conditions de travail des intervenant(e)s et des aidants qui le souhaitent en leur proposant des solutions concrètes adaptées à chaque situation.
  • Prévenir les risques psycho-sociaux professionnels et l’épuisement des aidants personnels.
  • Réduire le nombre d’arrêts de travail des agents.

Cibles de l’action

  • Les personnes âgées désorientées (les situations complexes de manière générale).
  • La gérontologue et les intervenant(e)s en difficulté dans leur pratique avec les personnes désorientées, concernant les visites à domicile.
  • Tous les agents du SAAD concernant la formation et les groupes d’analyse de la pratique.

Fonctionnement

Contexte : la formation théorique

 
L’action découle de la réponse à un appel à projets de la Fondation Médéric Alzheimer sorti en mars 2013 sur le thème : “favoriser les bonnes pratiques des interventions de l’aide à domicile”.

Les aides à domicile du service ont alors bénéficié pour la plupart d’une formation théorique sur “un autre regard sur le vieillissement” et “comment mieux communiquer avec la personne âgée désorientée”. Cette formation a été dispensée par une psychologue gérontologue qui, au cours des dernières années a assuré des formations du personnel et connait bien le contexte des interventions à domicile.

De la théorie à la pratique

 
Au-delà de la théorie, face à certaines difficultés rencontrées avec les personnes désorientées, il paraissait important d’avoir un regard expert sur des situations de terrain.

1. les visites à domicile

 
Pour qui ?
Pour les aidants professionnels et personnels, à la demande. Ceux-ci sont présents autant que possible lors des visites de la gérontologue (ou à défaut de la responsable du service de maintien à domicile).

Par qui ?
La même gérontologue que pour la formation théorique.

Objectif
Ces visites permettent d’instaurer un équilibre à domicile et de garantir à la personne de pouvoir demeurer chez elle dans de bonnes conditions. Elles constituent un plus par rapport aux visites d’évaluation et de suivi “classique” dispensées par le service d’aide à domicile.

Description
La gérontologue utilise des techniques issues de la méthode de Naomi Feil (la thérapie par empathie – ou la méthode de la Validation®) pour comprendre la situation de la personne, déchiffrer les symboles, entrer en communication avec elle ou encore outiller les intervenant(e)s dans leur pratique (reformulation, technique de questions ouvertes, empathie, effet miroir, etc.).

En la présence de l’aidant, elle va entrer en communication avec le bénéficiaire du service.

Fréquence
1 à 3 visites par usager.

2. Les réunions d’échanges et des groupes de réflexion

 
Pour qui ?
Pour les intervenant(e)s à domicile du CCAS et les chargés de visite et de suivi.

Par qui ?
La même gérontologue.

Objectif
Ces réunions permettent d’échanger sur les difficultés, réflexions, solutions rencontrées notamment pour les situations les plus difficiles.

L’animation par une professionnelle spécialisée permet d’apporter un aspect qualitatif aux réponses apportées.

Fréquence
4 réunions par an.

Au-delà de la communication orale, une plaquette a été envoyée avec les factures aux usagers et leurs proches.

Moyens

Quels moyens humains ?

1 cadre administratif et 10 aides à domiciles ont participé aux visites à domicile avec la gérontologue,
1 psychologue-gérontologue-formatrice clinicienne (vacataire).

Quel coût ?

Coût global : 10 600 euros - dont 6 400 euros pour les interventions de la gérontologue.

Le reste correspond au temps de travail des intervenant(e)s à domiciles alloué à ces visites.

Bilan

Cette action a duré environ un an. Tous les agents du service ont été formés théoriquement et pour certains accompagnés par la gérontologue en situation réelle.

Points positifs

Au niveau de la formation théorique : pour les agents formés, la satisfaction est générale.

Au niveau des visites à domicile : la présence des aides à domicile lors des visites de la gérontologue est jugée positive. Ses attitudes, postures, discours à l’intention des bénéficiaires sont efficaces et servent de “modèle” aux agents.

Les réunions d’échanges ont permis de mettre en commun des observations sur les situations des bénéficiaires, de juger de l’efficacité du suivi, de le réajuster et d’améliorer leur méthode de travail. La gérontologue a rappelé certains outils de communication, mais en règle générale, les aides à domicile les utilisent de plus en plus à bon escient. Ce groupe de réflexion confirme leur progrès et leur bien-être. Les intervenant(e)s ont moins peur de certaines situations, comprennent mieux la désorientation et savent gérer les situations difficiles.

Finalement, les interventions ont été grandement facilitées. Les encadrants du service constatent une plus grande autonomie des aides à domicile. Une amélioration notable des compétences pratiques est constatée. Les signes de désorientation sont plus facilement et rapidement repérés par les aides à domicile. Leur comportement professionnel est plus adapté. Elles font également le relais avec les familles pour tenter d’expliquer aux proches comment appréhender la communication avec la personne.

Point de vigilance

Il est plus difficile aux aidants familiaux, qui sont souvent eux-mêmes âgés, d’intégrer ce mode de communication et d’avoir un regard différent et une prise de recul vis-à-vis de leur proche, l’affect étant omniprésent. on constate toutefois que cet accompagnement permet au moins de donner confiance en l’aidant et de le déculpabiliser quant à son mode de prise en charge.

Les suites de l’action

Il est difficile pour les intervenant(e)s d’entrer dans le domicile et d’établir une relation avec la personne, qu’elle soit désorientée ou non. De plus, beaucoup souffrent d’isolement social. De plus, beaucoup souffrent d’isolement social. Ainsi, depuis cette action, des ateliers de prévention et de lien social ont été créés à domicile auprès de tous les usagers du service. Des techniques apprises avec la gérontologue, comme la reformulation, sont utilisées avec tous les bénéficiaires et pas seulement avec ceux souffrant de troubles cognitifs.

Photo : Wikimedia Commons / Knj

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