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Depuis
une décennie, le concept de l'urgence sociale a changé.
Nous ne sommes plus simplement dans l'urgence vitale - celle où les conditions de survie de l'individu sont affectées - mais bien dans l'urgence sociale - celle où la personne en difficulté est en danger de s'exclure et d'être exclue de l'existence sociale et du dialogue. Aujourd'hui, l'urgence est devenue une composante de l'action publique qui tend à combler les lacunes et à pallier les dysfonctionnements de la politique sociale et de l'action sociale "ordinaires". L'existence même des dispositifs d'urgence rappelle que certains droits demeurent encore peu effectifs et que ne sont pas assumés les devoirs d'une collectivité qui se dit libre, égale, mais aussi fraternelle. Ces constats présents au cur du Forum des acteurs de l'urgence sociale ont été débattu autour de trois axes : - les publics, diversité, besoins et demandes, - les interventions, contenu et modalités, - les territoires et les politiques publiques. |
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L'intervention d'urgence se veut immédiate et souvent sans condition d'accueil. L'augmentation des demandes et la faiblesse des moyens financiers rendent souvent difficile la mise en uvre de ces principes. Ne faut-il pas rappeler que les personnes en difficulté ont des droits, mais que l'inconditionnalité de l'accueil n'est pas applicable sans nuance à chaque structure isolément, qu'elle constitue un devoir commun à un ensemble de structures, sur un territoire ? Se pose aussi la question de la définition et de la qualité des interventions d'urgence face à la multiplicité des dispositifs et des acteurs. Bien souvent, sont opposées urgence et durée, opposition révélant l'ambiguïté même de l'urgence sociale : parce qu'elle répond à un besoin immédiat, l'urgence devrait être temporaire. L'intervention d'urgence ne répond-t-elle pas à une demande de proximité dans le temps (immédiateté), dans l'espace (près des lieux de vie) et affective (accueil et hospitalité) ? La prise en compte du besoin de proximité ne devrait-elle pas être mieux inscrite dans l'ensemble des politiques et des pratiques sociales ? |
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Les personnes en difficulté ont, comme les autres, des liens d'appartenance à un territoire qu'il soit choisi ou imposé. Comment cette dimension territoriale est-elle prise en compte dans l'intervention d'urgence ? Face à la multiplicité des réponses proposées, les acteurs de l'urgence sociale doivent se coordonner pour un développement territorial intégrant l'ensemble de la demande sociale et son évolution. Dans le domaine de l'urgence sociale, le nouveau plan de lutte contre l'exclusion répondra-t-il aux carences et aux disparités d'application de la loi contre les exclusions ? Quel engagement peut-on attendre des collectivités territoriales ? Faudrait-il mieux réglementer ce secteur, lui donner un cadre plus défini ? Qu'est-ce que la puissance publique délègue au secteur de l'urgence qui ne soit pas traité ailleurs ? Quels sont les motifs de cette délégation ? Quels en sont les moyens ? Comment la veille sociale peut-elle devenir l'outil privilégié d'une politique volontariste d'éradication de la grande exclusion et d'aide à la cohérence des politiques sociales territorialisées ? |
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| Doit-on
considérer que laisser quelqu'un à la rue porte atteinte à
la dignité humaine ? Faut-il inscrire cette notion dans la constitution ? Doit-on exiger un engagement ferme des pouvoirs publics et du législateur sur ce sujet ? |
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