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Bilan des Open Days 2016

Bilan des Open Days 2016

L’UNCCAS participait aux Open Days, organisés par le Comité des Régions du 10 au 13 octobre. Ces journées avaient pour thème principal : les villes et les régions pour une croissance inclusive et durable.

Au cœur de ces échanges notamment :

  • l’avenir de la politique de cohésion après 2020,
  • les villes, moteurs de croissance et d’opportunités,
  • l’agenda urbain de l’Union européenne et ses partenariats thématiques,
  • le vieillissement démographique...

Les Open Days en quelques chiffres

  • 4 jours
  • 130 événements, ateliers et conférences dans 30 lieux Bruxellois
  • 800 intervenants
  • 5 000 participants venus de toute l’Europe

Une conférence de lancement qui donne le ton

Dès la plénière d’ouverture, le ton est donné par Corina Cretu, Commissaire européenne en charge de la politique régionale : « Ces journées ne doivent pas servir à dupliquer des projets, à les copier-coller, mais bien à faciliter les échanges et permettre aux villes et aux régions de s’inspirer et de construire leurs propres projets d’innovation pour la croissance et l’emploi. ».

En effet, alors que la programmation 2014-2020 est en cours, les perspectives de l’après 2020 sont déjà omniprésents dans les esprits. Les fonds structurels et d’investissements interviennent depuis de nombreuses années déjà pour réduire les disparités entre les régions européennes. Cependant, les barrières d’accès, les démarches administratives complexes comptent parmi les freins à une utilisation efficiente et en adéquation avec les besoins des territoires

Corina Cretu a d’ailleurs indiqué dans ce propos introductif que « La politique de cohésion est plus importante que jamais. Cependant le besoin de réformer celle-ci est nécessaire. Cela fait plus de 25 ans que le cadre n’a pas été modifié et un travail doit être mené pour lui apporter plus de flexibilité et de simplification ».

C’est dans un esprit similaire que Ramon Luis Valcarcel, Vice-président du parlement européen et Markku Markulla, Président du Comité des régions, ont indiqué la nécessité pour cette politique de cohésion de rapprocher les villes et les régions afin de répondre aux défis qui les attendent mais aussi de lutter contre les mouvements populistes désireux de voir l’Europe détruite.

Un débat sur une réforme de la politique de cohésion - Lundi 10 octobre 2016

C’est un débat qui ne semble pas être nouveau mais qui ne cesse de déclencher des passions. Celui-ci aura été houleux. Le Comité des régions a appelé à une simplification et à une coupe des charges administratives dans la définition des politiques à venir.

Plusieurs membres du comité des régions ont confirmé la nécessité de simplification. « La défiance envers la politique de cohésion ne cesse de grandir dans la mesure où tout paraît complexe et bureaucratiques ».

Un membre britannique du comité des régions a ajouté : « la réponse à la politique de cohésion et à l’Union européenne se trouve à l’échelon local. Nous devons impliquer le niveau local. Il est important que le public ne perde pas confiance en l’union européenne, comme nous l’avons vu au Royaume-Uni ».

Corina Cretu a quant à elle indiqué que de nombreux problèmes étaient encore à résoudre. Cependant, elle a tenu à souligner l’impact positif de la politique de cohésion sur la vie des citoyens. Elle a admis la faiblesse de la stratégie de communication sur ces changements positifs et promis de lancer une stratégie de communication pour rendre lisible les apports positifs de la politique de cohésion.

Le point de vue de l’UNCCAS

L’UNCCAS rejoint les demandes formulées par le Comité des régions : simplification, allègement des démarches administratives, etc. Nous souhaitons que le débat soit ouvert sur les grands enjeux actuels et futurs des régions et des villes en tenant compte de leurs spécificités. Chaque région est différente et cela nécessite une souplesse quant aux projets de territoires.

Nous désirons aussi qu’une attention particulière soit portée aux régions ultrapériphériques où les contextes sociodémographiques diffèrent et où les besoins en investissement dans les infrastructures et dans le capital humain ne sont pas identiques, d’un territoire à l’autre. Finalement, grâce à la mise en place de l’agenda urbain de l’union européenne, une plus grande attention sera portée aux grandes métropoles. L’UNCCAS souhaite cependant que les territoires ruraux ne soient pas oubliés et que des priorités soient identifiées pour répondre aux besoins inhérents aux territoires isolés, nécessitant eux aussi la mise en œuvre de services publics accessibles à tous et de qualité.

Le pôle Europe de l’UNCCAS suivra attentivement ce débat de près car les enjeux pour les villes et pour les CCAS demain sont cruciaux.
 

Pour aller plus loin sur le débat de l’avenir de la politique de cohésion :

 

Le rôle des villes et des régions dans la croissance et l’emploi - Lundi 10 Octobre 2016

Lors de ce débat, certains membres du Comité des régions ont demandé à ce que dans les zones rurales, les petites villes puissent elles aussi pouvoir bénéficier du soutien de l’Union européenne et par voie de conséquence, d’un l’accès aux fonds européens. La commissaire européenne a alors rappelé que selon les prévisions des Nations unies, 60 % de la population mondiale vivra en 2020 dans des zones urbaines.

Il apparaît cependant légitime de s’intéresser de façon égale aux populations des zones rurales. La commissaire a ajouté que dans le cadre de l’agenda urbain de l’union européenne, la politique de cohésion sera directement gérée par des petites villes et déclaré : "il est important de faire confiance aux régions mais cela vient aussi des villes elles mêmes qui doivent s’engager à développer des projets intéressants et pérennes (en utilisant les fonds européens)". L’agenda urbain de l’Union européenne fournit des recommandations aux villes pour développer tout leur potentiel de création d’emplois, de croissance et de promotion de l’innovation.

Le point de vue de l’UNCCAS

L’UNCCAS rejoint les questionnements des membres du Comité des régions. Si une grande majorité de la population vit dans les zones urbaines, une partie de la population vit dans des zones rurales, parfois actives (artisanat, entreprises d’économie sociale et solidaire, activités agricoles...), parfois privées de leurs potentiels de développement (fermetures d’industries proches, accès aux NTIC limité, etc.). Dans ces communes, il semble nécessaire de développer des services à la population de qualité et accessibles. Il peut s’agir de services d’accueil d’enfants, de maisons de services pluridisciplinaires, de moyens pour faciliter la mobilité...

De nombreux CCAS interviennent sur ces territoires pour venir en aide aux personnes en situation de vulnérabilité, pour leur offrir des services de qualité et d’accompagnement. L’UNCCAS voit le rôle prépondérant que jouera l’agenda urbain de l’UE pour les zones urbaines notamment en termes de lutte contre la pauvreté et les exclusions (un des partenariats mis en place à l’heure actuelle).

Les petites villes, quant à elles, ont besoin d’une dynamique forte car elles peuvent être sources d’emploi, de croissance, mais aussi de qualité de vie pour leur population. Cette dimension rurale ne doit pas se retrouver au second plan dans les perspectives de l’après 2020. Pour l’UNCCAS, dans les contextes urbains, semi-urbain, ruraux mais aussi dans les régions ultrapériphériques, les besoins et les défis sont différents, mais les populations doivent pouvoir bénéficier de services de qualité, accessibles à tous, où qu’elles se trouvent.

La dimension intercommunale, l’action sociale intercommunale sont des enjeux de territoires, notamment au regard des réformes territoriales en cours en France. La question du maintien du lien de proximité avec les usagers doit être une question centrale quel que soit le niveau d’intervention.
 

Pour aller plus loin :

 

Focus sur les lauréats des Regiostars

Les prix Regiostars récompensent des initiatives innovantes de régions ou de villes financés par les fonds européens. Ces projets sont des exemples pratiques de la façon dont intervient la politique de cohésion en matière de croissance et d’emploi.

Cette année, 104 candidatures ont été reçues dans 5 catégories différentes :

  • Soutien aux entreprises opérant dans l’économie mondiale,
  • Stratégies d’inclusion sociale,
  • Economie circulaire,
  • Développement urbain durable,
  • Projets innovants pour gérer les fonds européens de manière efficace.

Catégorie 1 – Croissance intelligente

Le lauréat est la région de Copenhague, avec son projet « Cleantech cluster » , un projet portant sur l’industrie des technologies propres, dont le Danemark est l’un des leaders. Une reconnaissance à l’échelon mondial. Ce projet a bénéficié du fonds européen pour le développement régional (FEDER).
Voir la fiche du projet (en français)

Catégorie 2 – Croissance durable

Croissance bio pour les économies rurales est le titre du projet porté par la région Centro, au Portugal. Chercheurs et entreprises se sont réunis afin de développer un projet pilote pour une économie circulaire intelligente dans les zones rurales : bio raffinerie, recherches biotechnologies, soutien aux PME et formation pour les étudiants qui sont les moteurs du changement. Ce projet a bénéficié du fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER).
Voir la fiche du projet (en anglais)

Catégorie 3 – Croissance inclusive

Le projet d’Académie pour le développement de l’économie sociale a été porté par la région polonaise de Malopolska (Cracovie). Le projet avait pour objectif de mettre en lien des personnes issues de groupes marginalisés ou en situation de vulnérabilité avec des organisations pouvant leur apporter un accompagnement afin de réintégrer la société (ONG, collectivités locales, entreprises etc.) et de créer une infrastructure de soutien complète et professionnelle pour l’économie sociale dans la région.
1700 personnes ont bénéficié du projet. 245 structures de l’économie sociale et 203 structures de services ont été impliquées. 126 organisations ont participé à des partenariats locaux. Un magazine a été créé et distribué auprès de 1500 personnes. 22 voyages d’études et 10 évènements sur l’économi sociale ont été mis en place. Ce projet a bénéficié du fonds social européen (FSE).

Catégorie 4 – Prix spécial villes – Développement urbain durable

C’est la ville de Gdansk, en Pologne, qui a remporté le prix des villes. En impliquant les habitants locaux dès le démarrage, un projet de revitalisation urbaine a été en mesure de se concentrer sur les besoins réels et de veiller à ce que les réalisations concrètes soient menées et soutenues par des citoyens engagés.
Il s’agissait de réhabiliter des parties historiques de Gdansk dans le but de favoriser les investissements sur le long terme, l’inclusion sociale et de construire un sentiment de communauté. Les infrastructures existantes ont été réhabilitées, de nouveaux espaces culturels ont été créés, soit au total 33 établissements. Plus de 10 000 personnes ont participé aux 210 programmes d’inclusion sociale et aux activités annexes dans la perspective d’’une implication prolongée de ces personnes pour promouvoir la culture et le développement économique. Ce projet a bénéficié du fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER).

Catégorie 5 – Gestion efficace – Faire la différence avec une autre gestion

Ce projet lituanien avait pour ambition d’améliorer la transparence de l’utilisation des fonds européens. Un site web interactif a été mis en place permettant d’accéder à une cartographie des projets financés par l’Union européenne. Chaque porteur de projet était invité (sur base volontaire) à indiquer toutes les mentions qu’ils voulaient voir figurer dans le projet : coût, subvention, procédure de passation des marchés publics, mesures anti-corruption, gestion des fonds...
Depuis septembre 2014, plus de 630 gestionnaires de projet ont adhéré à l’initiative grâce à la mise en place de campagnes publicitaires, un concours pour les municipalités et même des émissions télévisées. Le site a reçu 35 000 visites et la part des opinions positives des citoyens sur la transparence de l’utilisation des fonds est passée de 28% à 50, 9%.

En savoir plus sur les Regiostars

Rapport sur l’état des villes de l’Union Européenne 2016 – 11 octobre 2016

Un outil d’analyse au service des villes.

L’état des villes de l’Union européenne est un rapport réalisé par la Commission européenne et les Nations unies. Il met en évidence la façon dont les villes, avec leurs propres caractéristiques, peuvent soutenir les priorités comme l’emploi, la croissance, les actions face aux migrations et au changement climatique. Les villes qui ont une échelle métropolitaine, avec une autonomie et des ressources suffisantes, peuvent mieux exploiter ces avantages urbains.

Outre son aspect indicatif et d’analyses approfondies des données et de comparaison, ce document est également un outil qui peut venir en soutien de la définition de la future politique de cohésion de l’Union européenne dont les premières propositions, formulées par la Direction génération de la politique régionale, verront le jour fin 2017.

Les objectifs du rapport sont les suivants :

  • soutenir l’agenda urbain de l’UE en se focalisant sur les partenariats mis en place (pauvreté, migration qualité de l’air, logement...),
  • soutenir ce nouvel agenda urbain en testant une nouvelle définition globale basée sur les habitants des villes,
  • faciliter la comparaison entre les villes par les maires pour apprendre l’une de l’autre.

On y découvre notamment des données comme le taux de population par degré d’urbanisation dans les pays européens. La moyenne européenne est de 40 % de la population vivant dans de grandes villes. La France est légèrement au dessus avec 45% et approche de 63 % si l’on compte la population des banlieues de grandes villes (70% pour la moyenne européenne).

Concernant le changement démographique par exemple, la croissance de la population dans les villes est élevée, notamment en raison des migrations. Cependant, a contrario, la vitesse de croissance de l’urbanisation a ralenti depuis les années 1960-1970. Dans les années 1990, les villes ont perdu 40% de leur population. Les personnes actives vont dans les villes pour y trouver du travail et des écoles, alors qu’à l’inverse les plus de 65 ans en partent. Les villes capitales ont tendance à avoir une croissance de population plus importante.

En ce qui concerne l’inclusion, les villes européennes font des progrès quant aux objectifs de la stratégie 2020 (réduction de la pauvreté, éducation, emploi), mais le taux d’emploi reste en-dessous du seuil de l’avant crise, et la pauvreté et l’exclusion au-dessus. Le taux d’emploi des personnes nées en dehors de l’Union européenne est considérablement bas. Le logement dans les villes est onéreux, petit et surpeuplé.

Ce rapport aborde d’autres aspects tels que la mobilité, le climat mais aussi la gouvernance. L’ensemble des données comparatives ont été intégrées dans un G accessibles pour le moment en anglais sur le site plateforme de données urbaines.
 

Pour aller plus loin

 
Télécharger le rapport (en anglais uniquement)
Accéder au logiciel de données

Changement démographique : transformer le défi en opportunités !

Le contexte démographique montre que l’espérance de vie en bonne santé est croissante et que les perspectives du vieillissement de la population est toujours en hausse. Cela va engendrer, sans nul doute, des changements dans la situation économique et sociale de l’ensemble des états membres. Beaucoup de personnes voient le vieillissement comme un problème ayant une incidence accrue sur plusieurs systèmes tels que les pensions, les infrastructures, les soins de santé, les services sociaux, etc. Cependant, le phénomène peut aussi être perçu en termes d’opportunités : développement de la silver économie, potentiel pour développer des structures pour tous les âges, promotion d’une société saine et active, renforcement de la solidarité, développement du bénévolat, développement des politiques familiales, offre de nouveaux emplois et de nouveaux métiers...

Au travers d’exemples de réalisations portées par des villes (au Portugal, en Pologne...) le débat a été ouvert sur la nécessité de développer des stratégies nouvelles pour l’ensemble des territoires, qu’ils soient urbains, semi-urbains, ruraux car les problématiques et les opportunités doivent être identiques. Cette question du changement démographique est omniprésente en Europe et le défi est grand. Aussi les acteurs du comité des régions réfléchissent-ils à des propositions et s’efforcent-ils de faire remonter les initiatives pour pouvoir intégrer ce volet dans la prochaine programmation des fonds structurels et européens.

L’avis de l’UNCCAS

Le changement démographique est inéluctable. En France, de nombreux CCAS/CIAS gèrent des établissements pour personnes âgées (logement foyers, EHPAD, etc.) et le nombre de places est parfois insuffisant. Les actions de prévention pour le vieillissement actif et en bonne santé doivent donc être intensifiées auprès du plus grand nombre.

La vulnérabilité et la situation de précarité de certains seniors est bien réelle. Le maintien à domicile, la préservation de l’autonomie, la lutte contre l’isolement des seniors sont toutes des problématiques auxquels il faut répondre dès aujourd’hui. C’est pourquoi, bien que déplorant que la programmation actuelle ne s’adresse pas directement aux infrastructures (création, réhabilitation, etc.) et aux seniors, l’UNCCAS est favorable à la remontée d’informations au niveau de l’Europe et à la prise en compte de ces défis dans la programmation post 2020.
 

Pour aller plus loin

 
La réponse de l’Union Européenne face au défi démographique : lire l’avis du Comité des régions

Investir dans les infrastructures sociales

La commission européenne entend par infrastructures sociales les écoles, les universités, les logements sociaux, les transports en commun, mais aussi l’économie sociale et solidaire... Tous ces domaines relèvent de la compétence des états membres. L’Union européenne a par ailleurs soutenu de nombreux projets d’infrastructures via les fonds européens structurels et d’investissement (FESI).

Actuellement, il existe un plan d’investissement (dit Plan Junker et lancé en 2015) qui vise à supprimer les obstacles aux investissements et à accroître la visibilité des projets, à leur apporter une assistance technique et une meilleure utilisation des ressources financières.

Le fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) est le moteur du plan d’investissement : il doit remédier aux défaillances du marché en s’attaquant aux lacunes de celui-ci et en mobilisant des investissements privés. Il soutient des investissements stratégiques dans des domaines clés tels que les infrastructures, l’éducation, la recherche et l’innovation, ainsi que le financement à risque des petites entreprises. Total du budget : 315 milliards d’euros sur 3 ans.

Pour la France par exemple, il apporte un cofinancement à hauteur de 8 milliards via la Caisse des Dépôts et Consignations et Bpifrance.

Quelques exemples de projets d’infrastructures validés (Août 2016)

  • Construction et équipement d’un hôpital dans une région polonaise,
  • Construction d’environ 1 300 logements et d’infrastructures locales (installations sportives, récréatives et éducatives) en Pologne
  • Construction de 13 000 logements abordables, à louer, en France (en cours de signature)


 

Pour aller plus loin

 

L’agenda urbain de l’Union européenne

L’agenda urbain a été l’un des sujets largement abordés lors de ces Open Days. Corina Cretu, commissaire européen à la politique régionale a déclaré que le Pacte d’Amsterdam (incluant les priorités de l’agenda urbain) a été adopté, marquant le début d’un travail collaboratif stimulant entre les différentes parties prenantes pour tenter d’apporter des solutions pour l’avenir. Le Président du Comité des régions a rappelé que cet agenda urbain doit apporter des solutions concrètes et que les partenariats thématiques doivent permettre des échanges d’expériences mais aussi l’obtention de résultats sur le terrain.

Cet agenda urbain se focalise sur des problématiques rencontrées par les villes en mettant en place des partenariats réunissant l’Union européenne, les états membres, les villes et des partenaires tels que les organisations non gouvernementales. Ensemble, ils sont invités à mettre en place des plans d’action incluant l’amélioration des législations, les financements et le partage de connaissances (données, études, bonnes pratiques, etc.).

12 priorités ont été choisies. Chacune d’elle donnera lieu à la création d’un partenariat. Actuellement, 4 partenariats sont lancés sur les thèmes suivants :

  • lutte contre la pauvreté urbaine,
  • inclusion des migrants et des réfugiés,
  • logement,
  • qualité de l’air.
     

Pour aller plus loin sur l’agenda urbain pour l’Union européenne

 

Le partenariat de lutte contre la pauvreté urbaine

Dans l’Union européenne, plus de 120 millions de personnes, soit 24 % de la population totale – dont 27 % des enfants européens – sont en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Par ailleurs, 10 % des Européens vivent dans un foyer où personne n’occupe d’emploi.

La coordination de ce partenariat de l’Agenda urbain, mis en place en janvier 2016, est assurée par la Belgique (Ministère pour l’intégration sociale) et par la France (CGET - Commissariat Général à L’Egalité des Territoires). La Grèce, l’Allemagne et l’Espagne sont eux aussi impliqués.

Les villes partenaires sont Brimimgham (Royaume Uni), Courtrai (Belgique), Lille, Daugavpils (Lettonie), Timisoara (Roumanie), Lodz (Pologne), Keratsini (Grèce).

Sont également impliqués en tant que membres, la Commission européenne, la région de Bruxelles capitale, la région Île-de-France, Eurocities, EUKN, Urbact, EAPN et, en tant qu’observateurs, UN Habitat, Eurochild, FEANTSA.

Après 3 réunions - dont la dernière s’est tenue à Athènes le 30 septembre dernier - le partenariat dispose d’une première version d’un document de cadrage. Les discussions lors de cette dernière réunion ont porté sur l’identification de la pauvreté urbaine, le bien-être et l’accès au marché du travail, la pauvreté et les services publics, la pauvreté infantile.
 

Pour aller plus loin

 
Lire « Les enjeux urbains dans l’agenda urbain », note du CGET
Lire « Requalification des zones défavorisées et la nouvelle approche de la politique de cohésion », une contribution URBACT à l’agenda urbain européen – Août 2016

Le partenariat pour l’intégration des migrants et des réfugiés

Plus de 60% des réfugiés dans le monde vivent dans les zones urbaines. A l’avenir, ces chiffres devraient encore s’accroître. La migration est une réalité locale : les villes sont des lieux où migrants et non-migrants interagissent pour travailler, étudier, vivre ou élever leur famille. Si les villes sont des lieux d’opportunités pour les migrants et les réfugiés, elles ont aussi des défis à relever en termes d’inclusion et d’intégration.

Ce partenariat d’une durée de trois années réuni des partenaires de différents niveaux. La coordination est assurée par la ville d’Amsterdam la direction générale Migration et affaires intérieures, avec la participation des états suivants : Danemark, Italie, Grèce, Portugal.

Les zones urbaines impliquées sont Barcelone, Berlin, Athènes et Helsinki. La Commission européenne, CCRE, BEI, Eurocities, le conseil européen des réfugiés, le groupe sur les politiques de migration et Urbact comptent parmi les autres participants.

L’objectif du partenariat est de gérer l’intégration des migrants et réfugiés entrants, et de fournir un cadre pour leur inclusion. Il s’appuie sur les principes de fonctionnement des partenariats énoncés dans l’agenda urbain : législation, meilleurs financements, échanges de connaissances.

Il s’intéressera particulièrement au défi de la crise migratoire et de ses effets à moyen et long terme. Cinq thèmes ont d’ores et déjà été sélectionnés : travail, logement, éducation, lieux d’accueil et groupes vulnérables.

Plusieurs réunions ont déjà eu lieu avec en ligne de mire la mise en place d’un plan d’action (2016-juillet 2017). Sa se déroulera entre septembre 2017 et juillet 2018. De juillet à décembre 2018. Une évaluation sera menée avec l’édition d’un bilan final.

Un site internet devrait prochainement voir le jour et permettre d’apporter des contributions.

Lire la présentation du Partenariat (en anglais)

Actions urbaines innovantes : 18 projets sélectionnés pour le 1er appel projet

378 projets ont été déposés pour le premier appel à projets "actions urbaines innovantes" et 18 d’entre eux ont été sélectionnés. Ils répondent aux thématiques suivantes :

  • pauvreté urbaine,
  • intégration des migrants et des réfugiés,
  • emploi et compétences dans l’économie locale
  • transition énergétique.

Le cofinancement de l’Union européenne pour ces 18 projets s’élèvera à 80 millions d’euros provenant du fonds européen de développement régional.
 

Intégration des migrants et des réfugiés

 
Les villes d’Anvers (Belgique) et Munich (Allemagne) développeront des projets autour du logement. A Anvers, les jeunes réfugiés isolés qui ont atteint l’âge adulte mais ne peuvent pas prétendre à la protection sociale, auront la possibilité de participer à un programme de logement, avec un jeune citoyen local pour les accompagner. Ils bénéficieront de programmes de formation pour entrer dans l’emploi.

A Munich, les nouveaux logements seront occupés par des citoyens locaux et des migrants où les espaces communs seront co-conçus et intégreront également des activités culturelles, de formation avec le développement en autogestion.

A Bologne (Italie), la ville cherchera à faciliter l’intégration sociale, culturelle et économique des migrants en intégrant différents services dans un centre rénové, permettant aux migrants de développer de nouvelles compétences et la création de micro-entreprises de services pour la communauté dans le quartier.

A Utrecht (Pays-Bas), les compétences entrepreneuriales des demandeurs d’asile seront capitalisées. Ces mesures combineront des logements communautaires et des activités d’apprentissage.

A Vienne (Autriche), la vielle créera un lieu unique pour les réfugiés qui réunira les services municipaux avec des initiatives de terrain grâce à de nouvelles formes de coopératives sociales.
 

Pauvreté urbaine

 
Dans le cadre de ces travaux l’accent sera mis, dans chacune des villes, sur les quartiers défavorisés. A Barcelone, un test sur l’impact de différents revenus minimums garantis sera effectué par le déploiement d’activités participatives et de responsabilisation-autonomisation.

A Birmimgham, grâce à une équipe de chercheurs, la ville cherchera à identifier et connecter les atouts sociaux-économiques existants auprès des personnes vulnérables et des migrants, aux investissements dans les infrastructures.

La ville de Lille cherchera à développer et tester de nouvelles façons de réintroduire des activités productives centrées sur l’alimentation dans un de ses quartiers les plus défavorisés.

La ville de Nantes aura pour public cible principal la population des sans-abris et les personnes les plus en marge de la société. Elle cherchera à rompre la polarisation sociale et spatiale en proposant un lieu unique de services complets et adaptés mettant en connexion différents groupes sociaux.

La ville de Pozzuoli (Italie) utilisera 30 hectares d’espaces verts publics dans les quartiers les plus vulnérables afin de mener une action de développement économique par le biais de l’agriculture urbaine et ainsi lutter contre la pauvreté et les exclusions.

La ville de Turin donnera aux habitants des quartiers défavorisés la possibilité d’utiliser des locaux désaffectés pour coproduire des services et développer l’économie collaborative.
 

Emplois et compétences dans l’économie locale

 
Les villes suivantes porteront un projet : Madrid, Bilbao (Espagne), Milan et Amsterdam.

Transition énergétique

Les villes de Göteborg (Suède) et Viladecans (Espagne) porteront un projet.

La ville de Paris se penchera sur la performance énergétique optimale à l’échelle des quartiers en intégrant une gouvernance à plusieurs partenaires, avec une plateforme de management permettant de contrôler, consolider et analyser les données pour atteindre les objectifs de performance énergétique dans les quartiers.

Un second appel à projets sera lancé en novembre 2016

Thèmes sélectionnés :

  • économie circulaire,
  • intégration des migrants et des réfugiés,
  • mobilité urbaine.

Des comptes-rendus plus détaillés de ces journées seront disponibles sur ce site fin novembre.

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