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Banque d'expériences de l'action sociale locale

La Banque d'expériences de l'action sociale locale a été conçue pour permettre la mutualisation des bonnes pratiques initiées par les centres communaux d'action sociale. Elle vise également à faire connaître le savoir-faire des CCAS et CIAS et la diversité de leurs actions locales.

Analyse des besoins sociaux à Libourne


Dernière mise à jour de cette fiche : 04/12/2007
Date de début de l'action : 01/02/2005

Contexte
Libourne et sa communauté de communes représentent 27 000 habitants, dont 22 000 pour la seule ville-centre.

Depuis 2001, la communauté de communes du Libournais (CCL). s'est vu confier progressivement un certain nombre de compétences en matière sociale. La question de la création d'un CIAS s'est alors posée afin de gérer au niveau communautaire les politiques sociales du territoire. En effet, les petites communes disposent de peu de moyens et de structures pour accueillir la demande sociale. Dans cette perspective les élus communautaires ont voulu faire un état des lieux de la réalité sociale du territoire communautaire.

Le recueil des données a eu lieu en interne de février à juin 2005, auprès du personnel du CCAS, des élus et des techniciens de la ville. Un premier bilan en juin 2005 a mis en lumière une accumulation des dispositifs, un manque de transversalité dans la mise en œuvre des actions. Le CCAS a alors décidé de les remettre à plat afin de se doter d'une organisation qui ait du sens et des objectif clairs auxquels les agents puissent se référer.

La deuxième étape de la collecte d'informations a commencé en septembre 2005 auprès de l'ensemble des partenaires institutionnels et associatifs locaux et auprès des autres services municipaux (sport, culture, éducation,…). La restitution des conclusions a eu lieu en juin 2006.

Description
La population de Libourne et de la communauté de communes du Libournais a peu augmenté entre les recensements de 1990 et 1999 (+ 3,3 %).

L'analyse des besoins sociaux s'est penchée sur plusieurs problématiques, en faisant un état des lieux des politiques menées par le CCAS, la Ville et la CCL. Des évolutions ont été proposées. 

Personnes âgées :

Le vieillissement de la population est très marqué : les personnes de plus de 60 ans représentent un quart de la population. Le solde migratoire accentue ce phénomène, car se sont surtout de jeunes retraités qui s'installent dans la communauté de communes.

Le nombre de personnes dépendantes, et celui de personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer ont augmenté entre 1990 et 1999. Alors que le ratio aidants/aidés est en diminution : en 1990 on comptait 3,6 aidants pour 1 aidé et en 1999 seulement 2,5 pour 1.

Se pose donc la question de la prise en compte et de l'accompagnement de la dépendance, dans un contexte de stagnation ou de diminution du pouvoir d'achat (nombre important de personnes âgées disposant de moins de 800 euros par mois).

A l'heure actuelle, le CCAS gère les résidences pour personnes âgées et leur animation, les services d'aide et de soins à domicile. La CCL possède la compétence du portage des repas, qu'elle délègue au CCAS. Il serait possible de laisser la gestion des résidences au CCAS, tout en ouvrant leur accès aux habitants de toute la CCL, mais de transférer les services à domicile à la communauté de communes, dans le cadre d'un CIAS. La diversification des alternatives d'accueil (accueil de jour, accueil temporaire) paraît souhaitable, de même que la création d'un guichet unique d'accueil, d'évaluation et orientation pour toute la CCL. En fait il s'agirait de développer des services aux personnes (âgées et/ou handicapées) dans une logique de "palette de réponses" pour tout le territoire (prévention, aide aux aidants,…) de façon à pallier le vieillissement de la population.

Personnes handicapées :

Les personnes handicapées sont nombreuses à Libourne (comme l'atteste le nombre de bénéficiaires de l'AAH) en raison d'un grand nombre d'établissements spécialisés.

Le CCAS gère la mission handicap de la Ville et la CCL le transport adapté. La mise en place d'une antenne de la MDPH devrait favoriser le travail de proximité et en réseau. Il s'agit de répondre prioritairement aux obligations d'accessibilité. Le CCAS conserve l'entière gestion de ce dossier, notamment la mise en œuvre d’une étude d’accessibilité des équipements publics conduite depuis 2006 sur le territoire de la commune.

Gens du voyage :

L'aire d'accueil des gens du voyage est une structure intercommunale dont l'animation a été déléguée au CCAS dans le cadre d'un projet social et éducatif. Il est suggéré de prolonger cette organisation, tout en cherchant à obtenir une gestion harmonisée au sein du territoire et à développer de nouvelles formes d'habitat adapté. 

Enfance / jeunesse :

Le nombre de naissances est en diminution entre 1999 et 2004 (- 7 %) et la baisse du nombre d'enfants est deux fois plus importante que celle du département (- 4,5 %).

Le poids des familles monoparentales est très important (30,7 % des ménages) et en augmentation alors que celui des familles nombreuses diminue.

Le CCAS ne s'occupe pas du domaine de l'enfance/jeunesse, pris en charge par les services de la Ville et ceux de la CCL. Là encore, une logique de réponse à l'échelle du territoire paraît pertinente (réseau d'assistantes maternelles, coordination des contrats CAF, politique d'animation jeunesse et de prévention,…) pour assurer la cohérence des politiques, notamment tarifaires. La mise en place d'un réseau de soutien à la parentalité pourrait répondre aux difficultés des familles monoparentales.

Personnes fragilisées :

Les demandeurs d'emploi de catégorie 1 représentent 11,2 % de la population active de la CCL. Les jeunes de moins de 26 ans sont les plus touchés (27 % ) mais les femmes et les plus de 50 ans sont les catégories pour lesquelles la hausse est la plus importante entre 2002 et 2004. Le chômage de longue durée se développe (+ 22 % en deux ans) et les jeunes chômeurs sont de plus en plus diplômés. La précarisation de l'emploi apparaît nettement. 

En 2004, 11 % de la population de Libourne de moins de 60 ans perçoit des minima sociaux, et un libournais sur six de moins de 60 ans vit sous le seuil de bas revenus.

On constate l'émergence d'un public de travailleurs pauvres, dont les revenus sont relativement faibles mais trop élevés pour bénéficier des aides des différents intervenants sociaux.

Le CCAS prend en charge l'accueil social, l'aide à la mobilité, le service du RMI et du PLIE, dispose d'un self social et distribue des aides facultatives. Il s'occupe également de la domiciliation et de l'orientation des personnes sans domicile. La CCL fournit essentiellement un soutien financier. Des conventionnements avec le département de la Gironde seraient à développer (tarification, répartition des publics, convention RMI,…) afin d'identifier clairement les responsabilités et missions de chacun et d'adapter les modalités de réponses aux évolutions des réalités sociales.  

Logement :

Libourne, qui a doublé son parc de logements sociaux entre 1989 et 2007, concentre la majeure partie du parc social de la CCL. La part des propriétaires est de 42,8 % (contre 54,2 % en Gironde) et celle des locataires sociaux de 15,8 %.

Le CCAS s'occupe de la prévention des expulsions, de l'instruction et de l'accompagnement de la demande très sociale, la CCL subventionnant les partenaires des politiques locales du logement et du cadre de vie. Il faudrait mettre en place une politique communautaire du logement en phase avec celle du conseil général, promouvoir la mixité sociale et favoriser l'accès des jeunes au logement. La signature d'une charte partenariale de prévention des expulsions par le CCAS avec l'Etat, le conseil général de Gironde, la Ville et la CCL, participe à la mise en cohérence des politiques sociales sur le territoire communautaire.

Moyens
Coût : 32 000 euros.
Bilan
Les données résultant de l'ABS ont confirmé et formalisé ce que le personnel du CCAS percevait sur le terrain.

Les élus ont été plus surpris des constats, notamment de l'ampleur de la précarité révélée (présence importante de travailleurs pauvres, faiblesse des revenus des personnes âgées,…). Ils envisageaient souvent la politique sociale du seul point de vue de son coût. Les conclusions de l'ABS ont donc permis de leur donner une vision claire des réalités sociales de leur territoire et des besoins en matière d'action sociale et de développement social. La mise en place d'un CIAS, en phase de réflexion, s'en est trouvé confortée. Le soutien des élus est essentiel à la réussite de ce projet de longue haleine.

L'analyse des besoins sociaux est conçue comme un levier de management des équipes, un outil de réflexion sur les actions menées par le CCAS. Elles ont été remises à plat et réorientées de façon à leur donner du sens, à construire des démarches cohérentes.

Le CCAS a utilisé les constats de l'ABS pour prioriser les principaux postes budgétaires lors du débat d'orientation budgétaire. C'est un véritable outil de valorisation et de communication des actions menées par le CCAS.
Estimation CCAS

L'analyse des besoins sociaux a pour objectif premier d'obtenir une "photographie" de la réalité sociale d'un territoire afin d'adapter la politique sociale menée par une commune ou une intercommunalité. Le CCAS s'est inscrit pleinement dans cette démarche. En outre les élus se sont appropriés l'ABS. Ils ont été confrontés à la réalité sociale de leur territoire et ils utilisent désormais les constats de l'ABS pour alimenter leurs échanges avec les partenaires institutionnels, parfois dans des domaines périphériques à la stricte politique sociale (prévention de la délinquance, jeunesse, logement,…).







Action menée par
Le CCAS de LIBOURNE
146 rue du Président Doumer
BP 60037
33503 LIBOURNE
Tél : 05.57.55.33.70
Fax : 05.57.25.23.09
E-mail : Cliquez ici

Personne(s) ressource(s)
Marie-Emilie SALLETTE, vice-présidente du CCAS,
T : 05 57 55 33 33

Jean-Philippe MACCARINELLI, directeur du CCAS,
T : 05 57 55 33 70 /
jpmaccarinelli@mairie-libourne.fr

Public(s) visé(s)
 · personnels CCAS
 · toute la population


Partenaires
Partenaires opérationnels
Partenaires institutionnels du domaine social (CAF, DDASS, Mutualité sociale agricole, conseil général, associations locales, CHRS, chantiers d'insertion,…).

Partenaires financiers
Conseil général et communauté de communes du Libournais.

Fiche réalisée avec le soutien de :

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